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Une exposition pour rendre hommage aux héros de mangas décédés

Une exposition dédiée aux héros de mangas morts a débuté en Thaïlande. Elle a pour but de confirmer une thèse sur l’impact des personnages des séries japonaises sur les fans.

Jinnipha Nivasabut, 22 ans, est une amatrice de mangas et de culture pop japonaise. Elle a peint à la main 50 portraits de ses personnages morts préférés issus de séries de mangas populaires telles que Naruto, Demon Slayer, One Piece, L’Attaque des Titans ou JoJo’s Bizarre Adventure. Une exposition a été consacrée à son travail pour son projet de thèse: explorer l’impact sur le public des personnages d’anime qui ont été tués dans leur propre série. Sous chaque portrait, une petite étagère faisant office d'autel permet au public de placer des fleurs et des boissons gazeuses Fanta, des offrandes typiquement thaïlandaises aux morts.

Aider les fans de mangas à faire leur deuil

« L’idée centrale de l’exposition d’art 2D Afterlife est d’explorer le concept suivant: pourquoi la mort de ces personnages fictifs peut-elle avoir un tel impact sur des personnes réelles et que pouvons-nous apprendre d’eux?» a expliqué l’artiste thaïlandaise à l’AFP. «Par exemple, certains événements que nous ne rencontrons pas normalement dans notre vie quotidienne, mais que ces personnages rencontrent, pourraient nous enseigner et nous transmettre les expériences qu’ils ont vécues», a-t-elle ajouté.

Jinnipha Nivasabut devant le portrait d'Itachi Uchiwa

Jinnipha Nivasabut devant le portrait d'Itachi Uchiwa
© AFP

Quand la culture japonaise devient une partie de votre vie

«Dans mes souvenirs, je vois ces personnages comme de vraies personnes. Ils sont comme des membres de ma famille. J’ai donc décidé de dessiner ces personnages pour qu’ils ressemblent le plus possible à des personnes réelles», présente Jinnipha Nivasabut. «Il est plus expressif d’utiliser ce style artistique réaliste plutôt que les styles personnels des artistes. Si je dessine avec le style personnel des artistes, cela ne serait qu’un fan art normal. J’ai donc décidé d’y apporter ma propre touche», déclare l’artiste.

Devant ses peintures, le public semble confirmer sa théorie, rapporte l’AFP. Kullanit Assawawongkasem est une femme de 19 ans, elle regrette la perte de Sasha Braus de l’Attaque des titans: «J’aimerais lui dire de profiter des pommes de terre et de la nourriture qu’elle aime, car elle est une vraie gourmande». Pour Jinnipha Nivasabut, c’est un soulagement de ne pas être la seule» à se sentir aussi attachée à ces personnages. «Il y a des gens qui pensent comme moi et qui veulent organiser des sortes de funérailles pour ces personnages, en rendant hommage aux choses qu’ils ont faites, en commémorant leur vie et en échangeant des réflexions sur ces personnages», témoigne-t-elle.

Pour le conservateur de l’exposition, Watjanasin Charuwattanakitti, cette thèse a un sens profond: «La culture pop japonaise est devenue notre vie, nous avons grandi avec elle et elle a un impact sur tout ce que nous faisons maintenant... Et je pense que nous pouvons apprendre, que nous pouvons acquérir une expérience à partir des anime aussi».

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