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Des Poupées russes aux Géants

Lieu : Angoulême

Une scène et ses acteurs

Comment avez-vous intégré ces contes à la BD ?

Hubert : Il ne fallait jamais lâcher l’axe du récit et les faire arriver à des moments naturels, où des éléments de la vie présente de Petit ont besoin d’être éclairés par des instants passés. Souvent, c’est sa mère ou sa grand-tante Desdée qui répond à une question, ce qui permet de les faire passer relativement naturellement dans le récit.


Quelles techniques de dessin avez-vous utilisées ?

Bertrand Gatignol : Tout est d’abord dessiné au crayon, scanné puis encré. Ensuite les zones de noir sont remplies puis utilisées en sélection pour passer le trait en négatif. Le procédé est presque entièrement numérique, avec beaucoup de jeux de calques et de transparence.

À quel moment le noir et blanc s’est-il imposé ?

Bertrand Gatignol : J’ai tendance à dessiner en noir et blanc naturellement. J’ai un grand amour de la couleur, trop grand même : ça me tétanise souvent d’envisager une planche en couleurs. Finalement j’ai fait les premières pages en noir et blanc et on s’est dit qu’il fallait les laisser comme ça !

Quelles ont été vos sources d’inspiration principales ?

Bertrand Gatignol : Graphiquement, il y a eu Gustave Doré, les prisons de Piranèse, dans le fond surtout une ambiance particulière qui se rapproche de celle que l’on voulait communiquer.

Hubert : Beaucoup de faits historiques, pour les transformer en une nouvelle mythologie. Le Roi-Dieu par exemple, est évidemment très inspiré de Louis XIV, mais pas que, c’est une sorte de sur-Louis XIV, la mégalomanie incarnée qui a de fait beaucoup de mal à faire face à l’idée de sa propre mortalité.

Comment avez-vous construit le personnage de Petit ?

Hubert : J’écris toujours de la même façon. La première phase, c’est toujours de l’écriture automatique ; en général c’est le matin, je ne suis pas réveillé et je remplis des pages de carnet sans trop y penser. Des personnages naissent, souvent en parlant, des contradictions apparaissent et commencent à les définir. Je regarde si les contradictions créent des choses intéressantes comme sur une scène imaginaire où je fais jouer les personnages.

Bertrand Gatignol : Mon archétype du héros, en BD et en animation a souvent cette tête là. Les design sont pour moi comme des acteurs ! Un physique est un physique et en fonction de la manière dont on le fait jouer on peut créer des choses totalement différentes ! Rien n’empêche que dans de futurs albums, Desdée réapparaisse sous une autre forme !

Hubert : En femme d’affaires impitoyable !

Pour vous, la question du déterminisme est-elle réglée pour Petit à la fin de l’album ?

Hubert : Probablement pas, mais est-elle jamais réglée pour quiconque ? Au mieux, on arrive à dépasser cette névrose, mais on restera un ex-névrosé !

Bertrand Gatignol : Et névrosé d’être ex-névrosé !

Hubert : On peut évidemment surmonter un traumatisme d’enfance, ou ses limitations familiales, mais on ne pourra jamais faire comme si elles n’avaient jamais existé.

Pensez-vous revenir un jour à cet univers ?

Hubert : On a effectivement envie de revenir à cet univers : on commence à travailler sur d’autres histoires qu’on pourrait y créer ! On aimerait en dire plus sur le monde au pied du château, sur la capitale de ce royaume isolé, une société qui m’intéresse beaucoup !

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