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Philippe Aymond et Lady S défient Guantanamo !

Auteur(s) :
Philippe Aymond

De l’ONU à Guantanamo

Les personnages secondaires ont aussi une grande importance dans la série…

Le mystère de l’écriture a agi : certains personnages prennent tout à coup de l’importance, comme Conrad. Ce n’est pas quelque chose que l’on prévoit. Au départ, les personnages secondaires sont comme des pions nécessaires à l’élaboration de l’histoire puis, petit à petit, ils prennent de l’importance par leur caractère, leur relation avec le personnage principal. Alors on envie de les garder.

J’ai évidemment réutilisé les personnages que Jean a créés et j’en ai ajouté de nouveaux. J’aime beaucoup Ralph Ellington, l’agent assez gaffeur et improbable. Drôle, il apporte de la légèreté à la série ! Cela dit j’espère pour la CIA qu’il n’y en a pas trop comme lui… Encore qu’on puisse se poser des questions !



Lady S est-elle un reflet fidèle de la politique internationale ?

Je ne sais pas si c’est un reflet objectif, en tout cas, c’est mon propre regard, pas un traité de géopolitique ! Il ne faut jamais oublier qu’on écrit de la BD, un monde parallèle et imaginaire. Une culture très générale permet d’élaborer des intrigues qui n’ont pas l’air artificielles, de faire des liens qui fonctionnent entre les personnages et les conflits internationaux.

Comme je plonge mon personnage dans la situation actuelle pour en faire une aventure, je ne peux pas non plus raconter n’importe quoi. Je ne suis pas dessinateur presse mais j’ai aussi envie de parler de l’actualité ! Guantanamo et les avocats qui veulent en faire sortir les prisonniers existent. Guantanamo devait fermer avec Obama et pourtant, la prison est toujours là. C’est vrai aussi que la série montre beaucoup de complots… mais à mon avis la réalité dépasse la fiction !

Avec ce qui se passe en ce moment, Charlie Hebdo, les attentats de Paris… au début j’étais un peu mal à l’aise que mon album sorte au même moment. Même quand on écrit de la fiction, on ne peut pas se débarrasser totalement de la réalité.

Etait-ce difficile d’écrire et dessiner sur Guantanamo ?

Il y a beaucoup d’articles disponibles, des gens innocents qui étaient là-bas témoignent aujourd’hui. J’ai beaucoup édulcoré par rapport à ce que j’ai trouvé : je n’avais pas envie de montrer le pire. D’ailleurs pour les supplices d’Anton, après m’être beaucoup posé de questions, je me suis vraiment limité par rapport à ce qui s’y passe en réalité.


Je m’étais imaginé un camp de la CIA à Guantanamo, ensuite j’ai appris qu’il avait vraiment existé ! D’ailleurs il s’appelait Strawberry Field, comme la chanson des Beatles !

Votre dessin a-t-il évolué tout au long de la série ?

Non, ou du moins je n’ai pas remarqué. Pour mon autre série, Highlands, j’avais consciemment fait évoluer mon style mais avec Lady S j’ai essayé de revenir à une continuité. Je ne dis pas que ça ne va pas changer dans l’avenir.

Pourquoi est-ce encore Anton qui replonge Lady S dans les problèmes?

Anton en est un personnage que j’aime bien ! C’est intéressant de le remettre face à Lady S : un a su se libérer de l’emprise du CIRCAT et l’autre non. Anton est toujours sous la coupe des services secrets européens ! J’aimerai bien qu’il révèle ce qu’il a fait pour se retrouver dans les pattes d’Orion... à mon avis ce n’est pas très net !


Est-ce que Lady S s’est assagie ?

Non mais comme elle est plus libre, elle se montre plus fidèle à elle-même. Mais ça ne durera pas… Malheureusement pour elle !

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