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Relation Cheap, une rencontre 2.0

Lieu : Angoulême

Dans l’immensité du monde de l’internet, il arrive parfois que deux personnes se rencontrent et entament une relation par écrans interposés. Davy Mourier et Elosterv racontent leur propre expérience dans un album écrit à deux. Conversations facebook, envois de photos ou fichiers partagés, ils décrivent avec humour les rencontres 2.0 qui n’ont pas grand-chose à voir avec la réalité... Rencontre avec deux clowns trash faits pour raconter des histoires ensemble !

Une bande dessinée à quatre mains

Quel est votre parcours ?

Elosterv : J’ai toujours dessiné de petites choses, des conneries surtout. À la fac d’arts plastiques, je ne faisais pas du tout de bande dessinée, c’était assez mal vu. Un jour, notre éditrice Marion m’a dit qu’elle voulait me publier et je me suis dit qu’il y avait peut-être une chance que j’en fasse mon travail.

Davy : Au CP quand on nous a demandé ce qu’on voulait faire plus tard, j’ai dit « auteur de bande dessinée ». Au collège, j’ai découvert Les Inconnus et Les Nuls donc je voulais aussi faire des sketchs. J’ai fait des études de dessinateur maquettiste à Lyon et j’avais de très mauvaises notes. Je suis allé proposer mes planches à Angoulême, où on m’a demandé si j’avais déjà pris des cours de dessin. Là j’ai arrêté de dessiner.

J’avais envie de raconter des trucs donc pourquoi pas le faire en vidéo. J’ai été graphiste pendant 5 ans à Paris et le soir je travaillais sur mes vidéos. Des gens que je connaissais ont lancé la chaine Nolife et m’ont demandé d’y participer. En 2009 des éditrices ont lu mon blog BD et m’ont proposé de m’éditer. Ensuite je suis passé chez Ankama puis Delcourt qui m’a proposé de devenir directeur de collection.

Relation Cheap a d’abord existé sur un tumblr ?

Elosterv : Sur le tumblr, il n’y a que 5 strips en 4 cases alors que dans l’album c’est 6 cases. Pour la BD, on a redessiné les personnages, changé le format et réécrit.


Davy : Les histoires ont évolué pour pouvoir fournir autre chose : on aurait fait que des gags de gens derrière un ordinateur en 4 cases, ça aurait été chiant. On a étiré les cases et amené nos planches de dessin pour rythmer le tout. On parle aussi du métier d’auteur, ça immerge les gens dans nos vies.

Comment avez-vous travaillé sur cette collaboration ?

Elosterv : Tout s’est passé par internet. On a commencé à discuter et faire des blagues. Un jour on s’est dit que c’était dommage que tout cela se perde.

Davy : Cette blague sur les femmes fontaines ne doit pas rester une discussion facebook, il faut que l’humanité soit au courant. On a donc fait une œuvre très intellectuelle. J’ai créé un google doc dans lequel j’ai rentré les pages qu’on avait déjà scénarisé et l’ai envoyé à Elo qui réécrivait, rajoutait des pages ou des éléments. Je lui ai demandé de faire les décors aussi et en échange, je faisais plus de scénario. On a équilibré la BD avec nos forces et nos faiblesses.

Qu’aimez-vous dans la collaboration ?

Elosterv : Ça ouvre de nouvelles portes, on fait des choses auxquelles ont aurait pas pensé.

Davy : Je ne pourrais pas dessiner le scénario de quelqu’un d’autre car je n’aime pas mon dessin. Comme je me sens plus légitime en tant que scénariste, je travaille de plus en plus avec des dessinateurs. Ça me permet de réaliser ce que j’ai en tête alors que je n’aurais pas pu le faire ! Je trouve des gens avec qui travailler pour que nos talents se complètent et faire une jolie BD. Je ne pense pas que Guy Delcourt me signe un comics dessiné par moi !

Vous envisagez une autre collaboration ?

Davy : On n’en a pas parlé mais si c’est le cas ça sera autrement. Faire un tome 2 serait du vol !

Elosterv : J’aime bien l’idée de faire des choses différentes, changer mon graphisme : je fais du strip pour Fluide Glacial, mais aussi des histoires pour les enfants. Si on refait une collaboration je préfèrerais que ça soit totalement différent.


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