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Facteur pour femmes - T2 (Mars 2021)

couverture de l'album

Série : Facteur pour femmesTome : 2/2Éditeur : Bamboo

Scénario : Manu Cassier, Didier Quella-Guyot

Collection : Grand Angle

Prix : 18.90€

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La critique ZOO

Note ZOO 3.5

Scénario

4.0

Dessin

3.0

Inutile de dessiner les tranchées pour conter la guerre de 14 et ses funestes conséquences. Même après sa mort « accidentelle », un jeune facteur au pied bot continue à faire des ravages dans le cœur des femmes des ex-poilus. Mais tout a un prix...

Si vous avez lu le tome 1, vous serez ravi de découvrir cette suite qui n’était pas prévue initialement. Sinon, laissez-vous embarquer dans un récit moins limpide, mais non moins intéressant.

1914. C’est la mobilisation. Marins ou paysans d’une petite île bretonne, tous partent au front. Sauf Maël qui, sur son vélo, remplace le facteur puis les maris des femmes esseulées dans leurs couches. La fin de la guerre sonne le glas de cette parenthèse sensuelle, ponctuée de la mort de Maël. 1958, Linette revient sur l’île à la mort de sa mère et découvre que son père était le facteur. Un récit narré dans le tome 1 de manière brillante et illustré de manière lumineuse.

Après la légèreté apparente traitée dans le tome 1, voici la pesanteur, parfois teintée de sensualité, consacrée par le tome 2. Linette apprend d’une des « femmes du facteur » survivantes, que d’autres secrets ont découlé de la mort de Maël. Nouveau flash-back, Didier Quella-Guyot suit la vie de plusieurs femmes en parallèle (au risque de nous perdre parfois un peu) juste après la guerre. Il nous montre le remords qui ronge: la méfiance qui empoisonne. La belle unité initiale des « femmes du facteur » survivra-t-elle? D’autant plus que certaines langues se délient et que le nouveau prêtre mène l’enquête.

Au dessin, Manu Cassier s’inscrit dans le sillon de Sébastien Morice, dessinateur du tome 1: Il reprend sa palette de couleurs, ses femmes sont également sensuelles sans être des pin-ups. Comme souvent, dans une reprise, on peut regretter l’ancien dessinateur, mais Cassier fait le job. L’esprit est là. Ce n’était pas gagné d’avance.

Le conte charnel a-t-il laissé la place au conte moral? Non, car la chair est bien présente, surtout au début du récit. Mais les hommes sont de retour, marqués au fer rouge par la guerre, et ne comprenant pas les envies d’émancipation, même encore timides, de ces dames. À lire.

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