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Gunfighter - T1 (Septembre 2018)

couverture de l'album

Série : GunfighterTome : 1/1Éditeur : Glénat BD

Scénario : Christophe BecDessin : Michel Rouge

Collection : Grafica

Genres : Aventure

Public : À partir de 16 ans

Prix : 14.50€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.0

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Christophe Bec s’est offert un western, corde qui manquait à son arc. Pour le diptyque Gunfighter, il a embarqué avec lui un spécialiste, Michel Rouge. Le dessinateur a mis tout son talent au service d’un scénario volontairement très classique.

En plus de la signature de Bec, c’est celle de Michel Rouge qui interpelle dans cette aventure à grands espaces. Dès la première planche très forte, on comprend que le choix du dessinateur n’est pas un hasard. Pourquoi ce retour au western après la reprise de Comanche ou Marshal Blueberry ? « Bec m’a contacté. J’avais abandonné l’idée de faire du western. J’ai eu un projet qui n’a pas bien marché, Kashmeer, et on m’avait déjà demandé de refaire un western. J’avais refusé jusqu’au scénario de Bec, qui m’a interpellé ». Rouge a pris, dès le départ, fait et cause pour ce très classique Gunfighter. Il y a des barbelés sur la prairie (titre d’un Lucky Luke), un tueur au colt d’argent (pas d’or), des troupeaux, des ranchers qui ont des comptes à régler et un vieux cow-boy échappé de Rio Bravo. Des références qui se sont imposées.

D’où la naissance de cette balade mouvementée en Arizona dans laquelle un tueur, un gunfighter, se mêle par hasard d’une rivalité entre éleveurs. Un expansionniste, Wallace, convoite les terres des Cotten, petits propriétaires. On se doute qu’il y a en prime un cadavre dans le placard familial. Même si on ne peut que tomber sous le charme du dessin de Michel Rouge, il avoue que son travail n’a pas été simple : « J’en ai bavé. Bec ne travaille pas comme Giraud ou Greg. Il n’y a pas de système : le dialogue fait partie de la narration. Il faut le restituer. C’est basique mais fort dans l’action ! ».

Chevauchée héroïque à fort suspense

Et il a tiré la langue, Michel Rouge, qui travaille en petit format : « J’ai commencé au-dessus de mes moyens. Au début, j’avais le temps : j’ai dessiné au plus haut de mes possibilités. J’ai ensuite souffert en voulant servir au mieux le scénario tout en travaillant de façon traditionnelle. » Il a réussi à ce « que rien ne flotte, tout [soit] posé » car on est au milieu de l’action, témoin et lecteur privilégié d’un drame qui va monter en puissance.


Le trublion, c’est le gunfighter que l’on dirait aussi sorti de Hell on Wheels. Mais Rouge n’a pas la télé et n’a jamais entendu parler de la série. Scénario classique ne veut pas dire pour autant sans surprises ou suspense et Rouge d’ajouter : « Je ne voulais pas connaitre les intentions de Bec. Je suis comme un comédien qui suit les indications de son metteur en scène. Mon esprit a imaginé les scènes librement et j’attends le second album pour savoir. »

Tous les ingrédients sont bien dosés dans cette chevauchée héroïque. On pense à Raoul Walsh, John Ford, jamais à Leone. Bec et Michel Rouge, dont le fils Corentin a assuré les très belles couleurs, ont fait dans le cinémascope vieille école. Rouge retournerait bien, après le western, à des histoires plus mystiques... Tout dépendrait évidemment du scénario.

Article publié dans le magazine Zoo n°73 (Septembre-Octobre)

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Commentaires et critiques (1)

On savait depuis ses débuts en 1979 avec Légendes de l'éclatée sur un scénario de Rodolphe l'intérêt que portait Michel Rouge pour son maître, Jean Giraud/Moebius. Rappelons qu'il a très largement participé à l'encrage des planches de l'album La longue marche et s'est révélé plus tard en signant le dernier tome du triptyque de Marshal Blueberry après que William Vance ait jeté l'éponge après le deuxième tome. C'est encore lui qui a repris avec beaucoup de force et de conviction la série Comanche qu'Hermann a fini par délaisser au bout du dixième tome pour créer sa propre série Jeremiah. Avec ce Gunfighter il n'est donc pas dépaysé dans l'univers des éleveurs de bétail et son dessin est toujours aussi bon, aussi "giraldien". Par les temps qui courent, s'investir aussi scrupuleusement dans la réalisation d'un album d'un tel niveau graphique, mérite un grand coup de chapeau. Car si, effectivement, le scénario de Christophe Bec s'avère ultra-classique, on a toujours autant de plaisir à se retrouver dans ce type de récit et d'ambiances. Seul petit bémol : la couverture, pas très esthétique, ne reflète en rien le contenu de l'album et n'est pas très vendeuse.

Posté le 31/10/2019 à 08h41