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Space Connexion - T2 (Août 2022)

couverture de l'album

Série : Space ConnexionTome : 2/2Éditeur : Glénat BD

Scénario : Eldiablo, Romain Baudy, El DiabloDessin : Romain BaudryColoriste : Arancia Studio

Collection : Glénat Québec

Genres : Science-Fiction

Prix : 15.50€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Les extra-terrestres sont parmi nous, prétendument menaçants, ils se glissent dans nos maisons, ils se font passer pour des animaux familiers, pour un voisin, ils nous tendent la main, mais… méfiance…

Le format court, assumé comme tel est finalement assez rare en bande dessinée, hormis l’humour, bien évidemment, ou des anthologies. Alors qu’il a longtemps été le canon de référence pour la Science-Fiction, l’horreur ou le polar, par exemple. Avec ce diptyque, El Diablo et Romain Baudry veulent rendre hommage à une époque débridée ou loin de développer de grandes sagas, les auteurs pouvaient animer des histoires courtes, profondes et auto-conclusives, un peu comme ce que faisait Rod Serling avec Twilight Zone. Le principe est plutôt simple, une idée porteuse, une situation qui glisse progressivement dans le fantastique et soudain une fin surprenante.

Avec le premier volume, les auteurs posaient sur l’humanité un regard à la fois cynique et cruel, avec ce second opus, qui contient trois récits (Alien Traficante, Roadkill et Lanceur d’alerte), ils se penchent sur la bêtise humaine qui rend les gens agressifs, incapable de voir le potentiel qui peut se cacher derrière un premier contact, derrière une main tendue.

Space connexion T.2

Space connexion T.2
© Glénat, 2022

La figure de l'extra-terrestre a évolué avec le temps, le reflet des inquiétudes de chaque époque. Cette image s'est petit à petit nuancée, présentant le portrait d'une humanité qui peine à accepter l'autre, qui doute de ce qui lui est étranger, qui se réfugie derrière un premier réflexe agressif et anxiogène. Dans ce climat de profonde xénophobie, ces silhouettes aliens qui tentent de marchander des éléments importants pour leur vaisseau, qui se glissent blessés dans une grange restent le symbole d'une peur primale de ce qui nous dépasse et qui est forcément perçu comme une menace, sans recul.

Toutefois, même si on a le sentiment d’empiéter quelque peu sur le territoire de Métal Hurlant récemment exhumé, les scénarios, quoiqu’assez classiques dans la forme, restent très frais et dynamiques. On sent que El Diablo et Baudry se font avant tout plaisir à jouer sur l’élasticité des codes du genre, forçant les caractères, le côté grotesque de ces histoires qui questionnent notre rapport à l’autre, à nous même.

Malgré tout, chaque histoire est surtout une la démonstration du talent des auteurs, tant dans la narration que graphiquement ! On est fasciné par la précision du trait, des détails, par l’expressivité du dessin de Baudry, ses cadrages.

Une très belle série qui fait regretter que ça n’aille pas plus loin que ce diptyque… !

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