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Dorohedoro - T23

couverture de l'album

Série : DorohedoroTome : 23/23Éditeur : Soleil

Scénario : Q-HayashidaDessin : Q Hayashida

Collection : Seinen

Genres : Manga, Seinen

Public : À partir de 12 ans

Prix : 11.95€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

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L’inquiétant Caïman au masque à gaz de Dorohedoro referme une dernière fois les mâchoires avec ce vingt-troisième tome.

La série de Q-Hayashida, saga injustement méconnue mais radicalement soutenue par ses amateurs de longue date, se clôt après seize années de publication française. Petit récapitulatif et grande apologie pour ceux qui n’auraient pas encore croisé son chemin malgré cette belle longévité issue d’un rythme de parution tranquille qui aura mis la patience des lecteurs à rude épreuve.

© DOROHEDORO
© 2002 Q HAYASHIDA / SHOGAKUKAN

Croque, monsieur.

Caïman est un grand gaillard amnésique qui vit dans l’insalubre cité de Hole. Il tire son sobriquet de son étonnante trogne reptilienne dont l’a affublé un mage malveillant inconnu. La chose est courante dans les taudis de Hole, puisque la ville est utilisée comme un vaste laboratoire d’expérimentations pour des magiciens glauques aux masques de tueurs en série qui s’amusent à s’entraîner sur une population locale impuissante et résignée. Résurrection culinaire, transformation en tourte ou en champignon, démembrement, mieux vaut se méfier de la fumée noire organique qui jaillit de leurs membres à loisir. Caïman, fatalement, poursuit l’espoir de retrouver un jour son identité et sa forme originelle en tuant le responsable de sa transformation. Il enfourne pour ce faire dans sa gueule béante tout mage infortuné qui croise sa route et attend la confirmation de l’identité de sa cible par le petit être qui vit dans sa trachée.

De sang froid

L’ambiance est posée. Le style soigneusement brouillon et définitivement suintant de l’autrice renforce la crasse qui crisse sur tous les éléments de cet univers aussi sombre et jubilatoire qu’il peut être drôle et détendu. Le récit s’est permis de s’étoffer sensiblement depuis ses prémices. Cette quête initiale qui fut vectrice de révélations merveilleusement tarabiscotées n’est rétrospectivement plus l’élément central de cette mésaventure qui construit discrètement sa chorale à mesure que le casting se densifie et que les lecteurs s’attachent. Car si Q-Hayashida a pris son temps, c’est bien pour donner de la profondeur à tout ce qu’elle présente.

L’univers de la série est passionnant, la disparition totale de tout jugement moral est fondamentale à l’intrigue et le réseau d’affiliations des protagonistes est prenant. Tout ceci n’est possible qu’avec une totale acceptation de son style graphique, une force visuelle définitivement porteuse autant qu’elle peut rebuter. Un aperçu de ses influences peut être décrypté dans l’excellent numéro 5 du magazine Atom, qui rend ce travail artistique encore minutieusement plus intéressant.

Article publié dans le magazine Zoo n°71 Mai - Juin 2019

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