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Himizu - T2 (Novembre 2019)

couverture de l'album

Série : HimizuTome : 2/2Éditeur : Akata

Scénario : Minoru FuruyaDessin : Minoru Furuya

Collection : WTF?!

Genres : Manga, Récit de vie, Seinen

Public : À partir de 16 ans

Prix : 8.05€

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La critique ZOO

Note ZOO 4.0

Scénario

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Minoru Furuya est souvent cité dans les pages de Zoo. De tous les magazines, en réalité. Himizu, sa dernière série publiée chez Akata, nous en réexplique la raison.

Himizu ne se veut pas spécifiquement le témoignage poignant d’une génération à la dérive. La série ressemble autant à un furieux exutoire initial qu’à une plongée dans un panel de comportements borderlines oscillant entre normalité crasse (une branche à laquelle se raccrocher désespérément) et pentes comportementales savonneuses empreintes d’une fatalité sociale ineffable. Dans les deux premiers tomes, une clique de laissés pour compte dégringole de l’échelle du bonheur à la vitesse de la lumière.

Extrait du premier volume

Extrait du premier volume
© Minoru Furuya / Kodansha Ltd. Inc.

L’idiotie vénale, l’impuissance gesticulante et l’arrogance sans fondement s’entrecroisent en un ensemble de vanités dont découle une amitié écorchée. Avant de transfigurer les exubérances visuelles qui font sa marque de fabrique, Furuya force le trait du grand guignol de façade, maximisant l’impact grinçant de ses choix dans un dévoiement total des rites du shonen ou de l’humour. Le tout ponctué de décrochements de mâchoire qui préfigurent le décrochement de l’âme de ses personnages.

Furieusement Furuya

Furuya représente une source officielle d’inspiration pour une fournée d’auteurs psychologiques infiniment marquants : Inio Asano mais aussi Shûzô Oshimi, mirifique dans sa dernière série Les Liens du sang. On peut y percevoir les strates d’une maturation de ce genre de récit. L’auteur de Dragon Head, Minetaro Mochizuki, débute la danse avec son désespoir humain extraordinaire, Furuya suit avec l’abandon total de toute lumière dans son présent récit et la génération émergente d’auteurs conclut la valse par sa description d’un marasme désœuvré angoissant. Le temps nous dira si l’appellation d’œuvre culte régulièrement accolée à ce titre est méritée. En attendant, Himizu est clairement une œuvre fondatrice autant que charnière, des qualificatifs qui sont toujours de bon augure.

Article publié dans le magazine Zoo n°74 (Novembre-Décembre)

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