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Kiriko Nananan, où le minimalisme fait roi

Cette fin d'année marque un moment de deuil pour le monde du manga. En effet, c'est le 25 décembre que nous avons appris la disparition d'une maestro, Kiriko Nananan, survenue un an plus tôt. Retour sur l'œuvre de cette autrice qui a profondément marqué le manga, par son approche à la fois brute et minimaliste des sentiments et du cœur de ses personnages.

Née en 1972 à Hitachi, au Japon, elle commence le manga au début des années 90, mais n’est révélée que quelques années plus tard, en 1995, avec la publication de Blue, son premier vrai succès critique.

Couverture de Blue, le célèbre shojo de la mangaka Kiriko Nananan

Couverture de Blue, le célèbre shojo de la mangaka Kiriko Nananan
© Casterman, 2021

Ce titre assez court s’illustre par son travail de l’espace et du vide, faisant ressortir des visages pleins de retenue, souvent baignés dans le noir profond des yeux et des cheveux. Elle se distingue par sa tendance à figer des moments ou des séquences, presque comme des photos immortalisant les sentiments et touchant en plein cœur.

Extrait du shojo emblématique de l'oeuvre de Kiriko Nanan, au dessin épuré qui retrace la relation fragile de deux lycéennes.

Extrait du shojo emblématique de l'oeuvre de Kiriko Nanan, au dessin épuré qui retrace la relation fragile de deux lycéennes.
© Casterman, 2021

Blue devient également, par la force des choses, son premier succès public, allant jusqu'à bénéficier d’une adaptation au cinéma en 2002, installant ainsi son œuvre comme un classique et un incontournable du genre.

Extrait de Blue, le drame adapté du manga du même nom, de Kiriko Nananan, réalisé par Hiroshi Ando en 2002.

Extrait de Blue, le drame adapté du manga du même nom, de Kiriko Nananan, réalisé par Hiroshi Ando en 2002.
© Blue / Hiroshi Ando, 2002 / IMDb

En s’appuyant sur cette base, elle va affiner son style tout au long de sa carrière, continuant d’accentuer cette épure et son travail des relations humaines et amoureuses dans des œuvres comme Strawberry Shortcakes (2002), plongeant encore plus dans la solitude et le spleen de ces jeunes femmes japonaises à travers un découpage lancinant et cinématographique.

Couverture de Strawberry Shortcakes, une tranche de vie sur la solitude et la quête d'amour, les thèmes chers à Kiriko Nananan

Couverture de Strawberry Shortcakes, une tranche de vie sur la solitude et la quête d'amour, les thèmes chers à Kiriko Nananan
© Casterman, 2006

Jusqu’à récemment, elle poursuivait son travail avec des histoires courtes, à la sortie moins régulière mais toujours aussi créative, ajoutant de nouvelles techniques à son arsenal, comme dans Solano (2012), où elle utilise l’aquarelle pour teinter son histoire.

Une autrice majeure dont l’influence est immense, tant par son traitement de fond avant-gardiste - avec des portraits de jeunes femmes hors du commun, sondant ainsi leur psyché et leurs relations amoureuses, notamment homosexuelles - que par son impact formel. Elle a mis en avant un style plus lent et contemplatif, centré sur le quotidien et les émotions, pavant la voie à d’autres grandes artistes, telles que Takako Shimura (Si nous étions adultes, Comme un adieu, Fleurs Bleues).


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