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Vann Nath Le peintre des Khmers rouges - Le peintre des Khmers rouges (Novembre 2020)

couverture de l'album Vann Nath Le peintre des Khmers rouges  - Le peintre des Khmers rouges

Éditeur : La Boîte à Bulles

Scénario : Matteo MastragostinoDessin : Paolo Castaldi

Collection : Hors-Champ

Prix : 22.00€

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La critique ZOO

Note ZOO 5.0

Scénario

5.0

Dessin

5.0

Raconter l’horreur du génocide cambodgien des Khmers rouges à travers l’oeil d’un peintre qui doit sa vie à son pinceau ? C’est le défi que relèvent Matteo Mastragostino et Paolo Castaldi dans l'album Vann Nath, Le peintre des Kmers rouges. Cette bande dessinée biographique montre que le neuvième art est, lui aussi, un support légitime du devoir de mémoire.



Vann Nath à ses débuts dans la prison S-21...

Le récit se situe en novembre 1979. Tout au long, le protagoniste principal, Vann Nath, se remémore sans cesse le massacre des Khmers rouges, qu’il a vécu. Par l’utilisation du flash back, il plonge le lecteur dans ses souvenirs, en 1978. Il s’agit de l’année où Vann Nath est arrêté et enfermé dans la prison la plus tristement célèbre de ce massacre, la S-21.

Ses talents de peintre sont mis au service de la dictature. Et c’est grâce à son seul trait puissant qu’il fera partie des rares survivants de cette tuerie qui aura ôté la vie à plus de deux millions d’innocents.

Le parti pris est d'impliquer le lecteur dans le récit en le faisant s'identifier à Vann Nath lui-même, donc au narrateur, ce qui rend l'album très prenant. Le lecteur vit ainsi les choses à travers le regard du peintre dont il prend la place. Par exemple, lorsque Vann Nath est fait prisonnier, on lui bande les yeux. C’est alors que les cases deviennent entièrement noires. A l’instar de ce que voit le protagoniste. Seuls les bruits et les insultes des gardiens sont présents dans la planche. Cette technique plonge le lecteur dans une immersion totale. Il vit la guerre, la prison, la torture et la perte de ses proches aux côtés du narrateur.

Paolo Castaldi, au dessin, privilégie essentiellement le noir et blanc pour un rendu plus efficace. La seule couleur présente et qui ressort par contraste est le rouge, la couleur identifiante des foulards des Kmers rouges. Elle est la couleur de ce mouvement mais aussi celle du sang et par conséquent, de la mort.

Les traits de dessin qui fuient s’apparentent à la fuite des souvenirs qui hanteront le peintre jusqu’à la fin de sa vie. Les visages des personnages restent flous du début à la fin. Ces êtres sont davantage des réminiscences, des silhouettes qui voguent, errant et subissant l’attente de leur sort.

Ce récit est un bel hommage rendu à Vann Nath qui était un peintre, artiste, écrivain mais aussi un défenseur des droits de l'homme cambodgien. Vann Nath rend aussi hommage à toutes ces « victimes innocentes de ce régime sanguinaire » conclut l’auteur. Un album poignant qui restera dans les mémoires.


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