Le procès Barbie, la rafle des enfants d’Izieu en avril 1944, un Français dans la Waffen SS, Enfant de salaud est adapté du roman de Sorj Chalandon. Sébastien Gnaedig s’est emparé au scénario comme au dessin avec beaucoup de talent, de vérité, sans excès de cette histoire exceptionnelle, celle d’un enfant trahi par un père ignoble, menteur, mythomane, à la limite du psychopathe.
Sorj Chalandon le narrateur est envoyé couvrir le procès Barbie. Avant il va a Izieu où on a dénoncé les enfants juifs qui s’y cachaient, rafflés sur ordre de Klaus Barbie. Celles qui les encadraient ont volontairement partagé leur destin jusqu’aux chambres à gaz. Chalandon aurait rêvé que son père l’accompagne pour l’aider à comprendre, dire où il était quand Barbie est arrivé. Pourquoi il a porté l’uniforme allemand. C’est son grand-père qui le lui a dit enfant. Il est un enfant de salaud. Son père a commencé à lui raconter sa vérité mais laquelle ? L’ambiguïté de la guerre en 1940. « L’Histoire est écrite par les vainqueurs ». Il va passer une partie de sa vie à croire son père et le reste à comprendre que rien n’était vrai. Il peut même faire semblant de mourir.

Enfant de salaud, par Sébastien Gnaedig et Isabelle Merlet, d'après le roman de Sorj Chalandon © Futuropolis, 2025
Il finit par avouer que le grand-père avait raison et en ajoute des couches, a choisi Vichy en 42, a combattu dans la SS Charlemagne, La Poméranie, Berlin en 45. Mais il aurait été aussi résistant. Pour éviter les Anglais il traverse un lac à la nage. Pour son fils, honte et fardeau s’ajoutent. Mais rien ne colle dans les papiers conservés, les archives, il a été écroué en 44 et libéré en 46. Berlin impossible. C’est finalement une enquête en terrain piégé à laquelle Chalandon s’accroche. Son père lui demande de pouvoir assister au procès de Barbie. Une façon de finir la boucle. Machiavélique et un homme pour lequel au moins le lecteur a du mépris. Un exalté le paternel qui ment, invente, dit qu’il a été gazé dans les tranchées en 40, un comble.

Enfant de salaud, par Sébastien Gnaedig et Isabelle Merlet, d'après le roman de Sorj Chalandon © Futuropolis, 2025
Sarandon reconstitue sa vie, engagé, déserteur, il rentre à la Légion tricolore pro-allemande. Un roman qui est surtout le procès du père pour un verdict sans la moindre circonstance atténuante, comme Barbie. L’Histoire impitoyable dans tous ses états d’un homme soit indigne, soit fou qui est un comédien maléfique ou un Français indigne.



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