ZOO

Hypersurveillance

couverture de l'album Hypersurveillance

Éditeur : Delcourt

Dessin : Rémi TorregrossaAuteur :

Prix : 20.50€

  • ZOO
    note Zoo4.5

    Scénario

    5.0

    Dessin

    4.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album Hypersurveillance

A partir d'une question ordinaire, " nos téléphones nous écoutent-ils ? ", une journaliste enquête sur la surveillance et décrypte la transformation de nos démocraties en kleptocraties autoritaires. Nos téléphones nous écoutent-ils ? Une journaliste entame une enquête sur la surveillance. De Cambridge Analytica à Pegasus, Predator et Red Wolf, en passant par l'arrivée de la vidéosurveillance algorithmique et de la reconnaissance vocale, elle lance l'alerte sur cette surveillance de masse, ces logiciels espions et autres armes futures mettant en péril notre sécurité et nos vies privées.


La confiance règne... ou pas

Ça nous arrive à tous, parfois, de discuter de notre prochaine destination touristique avec quelqu’un. Mais vous arrive-t-il que, dans les heures ou jours qui suivent cette conversation, votre smartphone se mette à vous envoyer des publicités ou des bons plans pour les meilleurs trains, les meilleurs hôtels ou les meilleures locations de voiture dans le lieu que vous aviez prévu de visiter ?

Attention, Hypersurveillance n’est pas un ouvrage agréable et optimiste à lire. Alarmiste ? Oui. Nécessaire ? Assurément ! Actrice, journaliste, enquêtrice et désormais autrice, Julie Scheibling a suffisamment de cordes à son arc pour décrypter les zones sombres de notre société ultra-connectée. Ce n’est d’ailleurs pas sa première BD : dans Jeux de classes, publiée début 2025, elle s’inspirait librement d’Une brève histoire de l’égalité de Thomas Piketty. Pour Hypersurveillance, elle s’associe avec Rémi Torregrossa, dessinateur de L’Homme qui voulut être roi (2023) et d’une biographie de Romy Schneider (2024). Autant dire que dans le domaine du documentaire, les auteurs sont loin d’être des amateurs.

Dans Hypersurveillance, Scheibling et Torregrossa nous plongent au coeur d'une enquête qui nous concerne tous.

Dans Hypersurveillance, Scheibling et Torregrossa nous plongent au coeur d'une enquête qui nous concerne tous. © Delcourt, 2026

Allô, j’écoute…

Il faut dire que l’enquête est captivante, en plus d’être sacrément documentée. La pêche aux informations que Julie Scheibling décrit dans l’ouvrage est vertigineuse. Partis à la rencontre d’ingénieurs en intelligence artificielle, d’analystes de données, de journalistes du Canard Enchaîné et d’avocats en droits humains, les auteurs ont ratissé large et en profondeur sur les coulisses d’une industrie de surveillance omniprésente dans notre quotidien. À la lecture de l’ouvrage, on est surpris de voir se succéder plusieurs sujets différents mais liés : les GAFAM, la NSA, Trump, Pegasus (un logiciel espion israélien), l’affaire Kadhafi, ou encore la répression de la population palestinienne… On a vite fait de s’y perdre. Mais n’est-ce pas voulu ? Et surtout, n’est-ce pas révélateur d’une société méfiante, globalisante et archi-connectée ? L’essentiel, c’est que les auteurs réussissent à synthétiser le tout, en rendant digeste une enquête qui a de quoi retourner l’estomac.

Un album qui tombe à pic, dont l'histoire se digère facilement sans être surchargée d'illustrations.

Un album au coeur de l'actualité, dont l'histoire se digère facilement sans être surchargée d'illustrations.© Delcourt 2026

Canard contre Pégase

N’y allons pas par quatre chemins : ce que raconte la BD est assez anxiogène. L’ouvrage sort au bon moment. L’encre de l’actualité y est encore fraîche et le dessin de Torregrossa, simple au premier abord, donne de la clarté à l’ensemble. Le graphisme est efficace et léger… et c’est tant mieux. Si la BD documentaire n’est pas un genre où le dessin est mis en valeur, le montage graphique, en revanche, y trouve sa consécration : la double page 64-65 avec Pégase est excellente. Soulignons également l’usage parcimonieux des couleurs, s’adaptant habilement à la quantité des textes narratifs et évitant à chaque planche une surcharge cognitive.

Bref, entre deux complots politico-numériques, on respire un peu.

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