Éric Corbeyran, Rurik Salé et le dessinateur Jef nous entraînent dans un conte japonais moderne, une interminable nuit d’été, dans un village soudainement noyé sous la neige. Cinq samouraïs viennent accomplir une obscure vengeance.
C’est l’été au port de Shikomi, dans la baie de Wakasa, au centre du Japon. Les villageois vaquent à leurs occupations, quand le temps se couvre étrangement. La pluie succède aux nuages, puis, en pleine nuit, la température chute et la neige vient tout recouvrir, lentement. On s’interroge, on tient conseil à l’auberge du coin : que se passe-t-il ? La tension monte lorsqu’on découvre un premier cadavre, criblé de coups de sabre, puis un second…
Dans ce huis clos nocturne, hors du temps, piégés dans les méandres d’une vieille légende qui parle de samouraïs empoisonnés et d’une veuve éplorée, les hommes et les femmes s’interrogent sur cette fatalité qui leur tombe dessus. Ils essaient de comprendre au rythme des éléments que leur glissent les scénaristes. Ils découvrent de vieilles peintures qui racontent le passé, une ancienne comptine que leurs parents leur chantaient. On n’échappe jamais vraiment à son passé, même à celui de ses ancêtres, finissent-ils par se dire.

Des illustrations époustouflantes que l'on doit à Jef, pour un scénario signé Corbeyran et Sallé
© Ankama, 2026
Égrenant les journées passées dans le froid de cet hiver de juillet, ce récit nous plonge progressivement dans une horreur inextricable, auprès de ces individus confrontés à une réalité fantastique qui les dépasse.
Si l’histoire est envoûtante et extrêmement prenante, on est avant tout ébloui par la performance graphique de Jef qui, sans surprise, transcende littéralement chaque planche avec ses magnifiques ambiances délavées et l’expressivité de ses personnages.
Une très belle performance artistique pour un album qui ne laisse absolument pas indifférent.
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