Toute la ville est désormais au courant du passé criminel de Yûsuke. D’un coup, la population change d’attitude envers lui. Tout le monde se déchaîne, au nom de la justice, et la persécution devient incontrôlable… Les derniers souvenirs racontés par Sumire Okazaki se terminent par une question irrésolue : qui a été le véritable monstre, dans toute cette histoire ? Le destin de cet homme qu’on appelait le monstre est une histoire de crimes et de châtiments, et il nous interroge sur le monde qui nous entoure.

Your evil past - T14

Série : Your evil pastTome : 14/14Éditeur : Pika
Auteur : Takashi Sano
Prix : 7.70€
- ZOO
4.5
Scénario
4.5
Dessin
4.5

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Le synopsis de l'album
Evil is you
Avec cette série sombre et haletante, le parcours de Yusuke — criminel amnésique tiraillé entre culpabilité, traque et quête de rédemption — prend une ampleur rare dans le manga. Confronté à ses victimes comme à ceux qui veulent réveiller le monstre qu’il a été, il traverse une descente aux enfers psychologique qui interroge la mémoire, le pardon et la possibilité du changement. Entre violence, introspection morale et critique sociale sur le harcèlement d’anciens détenus au Japon, cette conclusion de saga livre un récit d’une intensité troublante.
Yusuke ne se souvient pas de ses innombrables crimes mais ses victimes, elles, refusent de le laisser vivre une vie paisible, absous par sa pratique perte de mémoire. Entre les ennemis qui veulent le confronter à ses méfaits pour les lui faire payer et les amis qui veulent à tout prix voir réémerger la bête sauvage qu’ils admiraient, Yusuke, totalement démuni, va subir un nombre de tragédies proportionnel à celui qu’il a provoqué lors de sa vie passée.

Extrait de "Your Evil Past, T.1" de Takashi Sano
© Pika, 2022
Gêné du mal
Ce qui a commencé par une descente aux enfers psychologique rapidement accompagnée de tortures physiques a finalement muté pour devenir une réflexion sur la rédemption bien plus sombre que celle que nous propose habituellement un manga. La série, tel un papillon du mal, est passée par toutes les étapes transformatives qui en firent un récit qui s’est finalement très bien construit sur lui-même. Les enjeux personnels initiaux ont mûri, pris de l’ampleur, et le questionnement fondamental de la saga s’est affiné. L’inhérence de la perversion s’atténue. Le lecteur, à qui on demandait initialement « peut-on échapper à son passé » ou « doit-on être défini par celui-ci », doit dorénavant répondre à bien plus ardu. Peut-on croire au changement ? Peut-on pardonner au monstre ? L’infâme a-t-il une date de péremption ?
Si la réponse suggérée est nuancée, elle n’en reste pas moins une confrontation désagréable et, à la manière de tout le récit dans son ensemble, continue à nous mettre face à des situations insoutenables.

Extrait de "Your Evil Past, T.1" de Takashi Sano
© Pika, 2022
L'arme à l'œil
La rédemption classique, régulièrement vue en shônen, est puissamment mise à mal à mesure qu’elle est confrontée à la réalité sociale mais aussi qu’elle s’appuie sur des ressentis humains aussi émotionnels que politiques. Tout à fait en même temps, la situation décrite dans cette conclusion de série, décorrélée de son pan intimement moral, fait aussi oeuvre de compte-rendu d’un phénomène concret très poussé au Japon : le harcèlement d’anciens criminels et leur quasi-impossibilité à retrouver une vie normale.
Finalement, la force du message de la série ne sera jamais mieux retranscrite que par ses ultimes volumes, dont la narration incarnée sous forme de témoignage nous écarte progressivement de la notion de personnage principal et replace toute la problématique dans son système. Se crée, en évinçant la cristallisation du thème du récit, un déplacement de perception qui fait prendre au sujet une ampleur terriblement ancrée dans une réalité que l’amorce du récit rendait imperceptible.
Article publié dans ZOO Manga N°23 Janvier-Février 2026
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