Désormais considéré comme un terroriste par le nouveau maire en place, Batman doit faire face à un nouveau danger. Un mystérieux individu nommé Bane fait irruption en ville, bien décidé à abattre le chevalier de la nuit. Finie la subtilité, place aux coups.
Après un premier volume qui posait assez adroitement les bases de cette réinterprétation, ainsi que les enjeux de la série, Scott Snyder continue sa refonte en profondeur du mythe de Batman dans cette version Absolute.

La ligne Absolute dévoile pleinement son potentiel avec Absolute Batman 2 : Abomination © DC / Urban Comics, 2026
Toutefois, Bruce Wayne, toujours follement amoureux de Selina Kyle et acoquiné de ses amis destinés à devenir ses futurs ennemis, a gagné en radicalisation et le scénariste ne l’épargne absolument pas. Il faut dire que l’adversaire du moment, Bane, ne fait pas non plus dans la dentelle. Il écrase, broie, coupe, il démembre, énuclée, et ne recule devant rien pour arriver à ses fins : Batman va en payer le prix fort.

On est loin du schéma habituel, le ton est très violent, voire parfois à la limite de l’horreur : on sent nettement que la série passe à un niveau supérieur © DC / Urban Comics, 2026
Avec Batman, on ne rigole plus
Après une rencontre des plus éprouvantes et des plus glaçantes avec le Dr Victor Fries Jr, Bruce, vêtu de sa cape et de son masque, part enquêter sur le chantier du centre de détention l’Arche M, à la recherche de son ami Waylon Jones qui y serait retenu prisonnier. Sur place, il se rend compte qu’on y effectue d’étranges expériences sur des prisonniers cobayes, afin de les doter de capacités surhumaines. À l’occasion de cette intrusion, Batman se fait capturer par Bane qui l’amoche sévèrement au passage et qui le confie ensuite aux mains des scientifiques qui le charcutent sans retenue.

Snyder en fait un peu des tonnes, il entrecoupe sans cesse la narration, multiplie les états d’âmes en voix off, passe du passé au présent, en passant par des phases fantasmagoriques © DC / Urban Comics, 2026
Bien qu’il tente à plusieurs reprises de s’échapper, Bruce est sans cesse confronté à la puissance de Bane, qui lui avoue être le seul véritable survivant des précédentes expériences. Snyder plonge donc le héros dans une succession de pièges, entrecoupés d’opérations chirurgicales qui ont pour objectif de le métamorphoser. On est loin du schéma habituel, le ton est très violent, voire parfois à la limite de l’horreur (quand on décrit les sévices qu’ont subis Harvey, Oswald ou Eddie…), on sent nettement que la série passe à un niveau supérieur.
En contrepartie, Snyder en fait un peu des tonnes, il entrecoupe sans cesse la narration, multiplie les états d’âmes en voix off, passe du passé au présent, en passant par des phases fantasmagoriques, il faut s’accrocher. Ce qui a tendance à gêner parfois la lisibilité, tout en créant, paradoxalement, une ambiance chaotique intéressante. On ressent très bien la confusion dans la tête de Bruce qui doit résister à une violence extrême, tout en échafaudant des plans d’évasion, en vain.

On ressent très bien la confusion dans la tête de Bruce qui doit résister à une violence extrême, tout en échafaudant des plans d’évasion, en vain © DC / Urban Comics, 2026
Pour ce second volume, Nick Dragotta est accompagné, graphiquement, par Marcos Martin et Clay Mann qui apparaissent pour deux épisodes chacun, ainsi que Daniel Warren Johnson, James Harren et Meredith McLaren qui s’occupent eux de l’Annual. Cette diversité peut parfois surprendre, même si le style de Martin et Dragotta se rejoint sur pas mal de points. Ça a au moins l’avantage de nous offrir quelques pages magnifiques dans le lot.
Pour l’instant, la ligne Absolute dévoile pleinement son potentiel, avec des titres à venir qui vont certainement valoir le détour (dont une Absolute Catwoman par Bengal, qu’il va falloir surveiller…). Avis aux amateurs…
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