Les Chimères de Vénus clôt en beauté une trilogie d’aventure et de poésie, dans un XIXᵉ siècle réinventé où science et rêve se mêlent. Ce dernier tome emmène le lecteur dans un voyage entre émerveillement, dangers et quête amoureuse.

Extrait du tome 3 des Chimères de Vénus, avec Alain Ayroles au scénario et Étienne Jung au dessin
© Rue de Sèvres, 2026
Sous Napoléon III, dans l’univers inspiré du Château des Étoiles, Français et Britanniques ont colonisé Vénus pour exploiter l’éthérite, un minerai aux pouvoirs extraordinaires. Des bagnards sont envoyés sur cette planète hostile, peuplée de créatures préhistoriques. Parmi eux, un jeune poète rebelle s’échappe et découvre grâce aux sargasses, des êtres étranges mi-algues mi-humains, l’île Magnétique.
Pendant ce temps, son amante, l’actrice Hélène Martin, bien décidée à le sauver, le rejoint sur Vénus. Elle part à sa recherche en intégrant une expédition britannique qui elle aussi arrivera jusqu’à l’île. À leur arrivée, les soldats prennent possession des lieux et y plantent leur drapeau. Ayant retrouvé son fiancé, ils explorent un monde fascinant : l’éthérite, source d’énergie aux propriétés extraordinaires, permet de créer des ponts invisibles, des arbres flottants, et fige les animaux comme dans un musée. Toutes ces merveilles sont concentrées dans une sorte de château édifié par une civilisation disparue. Mais leur bonheur est menacé par l’arrivée des troupes françaises…

Extrait du tome 3 des Chimères de Vénus, avec Alain Ayroles au scénario et Étienne Jung au dessin
© Rue de Sèvres, 2026
Alain Ayroles signe une histoire riche et accessible à tous, mêlant aventure, romance et réflexion. À la fois moderne et rétro, le scénario s’enracine dans l’univers du Château des Étoiles que l’auteur s’approprie pleinement pour y développer son propre récit. La quête de ce couple, sans cesse bousculé par des événements extérieurs, s’achève de manière grandiose. Ayroles confirme une nouvelle fois son imagination foisonnante et son remarquable sens de la narration.
Le dessin d’Étienne Jung, sublimé par les couleurs de Thierry Leprévost, transcende le scénario. Sa mise en page soignée et géométrique, associée à un trait à la fois simple et précis, évoque les grands films d’animation de l’âge d’or de Disney. Les décors et les nombreuses machines imaginées sont une véritable réussite : chaque engin possède une identité historique tout en étant capable de s’aventurer dans l’espace. La mise en couleur, somptueuse, accompagne le lecteur dans cet univers à la fois merveilleux et inquiétant, où les teintes pastel recréent parfaitement l’atmosphère de l’époque.
Une trilogie incontournable.