Madeleine est une adolescente comme les autres : elle va en cours, traîne avec ses copines, fait ses devoirs et écoute studieusement les sermons de ses parents. Et comme les autres de son âge, elle pratique un sport… qui, lui, n’est pas comme les autres. Madeleine aspire à devenir sumotori.

Extrait de Sumo Girl, par Guillaume Scaillet au scénario et Léa Hybre au dessin © Sarbacane, 2026
Avouons-le tout de suite : il aurait été difficile pour Guillaume Scaillet et Léa Hybre de trouver plus original comme sujet de bande dessinée que la discipline du sumo. Et du sumo féminin, s’il vous plaît ! Rien que pour l’audace de la chose, ainsi que pour l’occasion de découvrir ce sport ancestral japonais, l’ouvrage mérite le détour. Le scénario reprend certes les grandes lignes habituelles, façon Million Dollar Baby (film de boxe sorti en 2004), mais il fait le job. Dommage, en revanche, de ne pas profiter de l’occasion pour nous en apprendre davantage sur l’histoire et la culture shinto qui entourent ce sport : un laïus de quelques pages sur le sujet n’aurait pas été de trop.

Sumo Girl, la discipline du sumo féminin en bande dessinée © Sarbacane, 2026
Du sel avant le shiko
Graphiquement, c’est de l’excellente came ! Le dessin de Léa Hybre souffle le chaud et le froid entre la légèreté des couleurs, la simplicité du trait et le détail des silhouettes. Ce dernier point est capital, car qui dit « sport de lutte » dit forcément « dessin de corps et de postures ». Sumo Girl est une franche réussite : plus de 160 pages d’énergie et de mouvement. Le langage corporel des personnages est suffisamment crédible et parlant pour rendre le moindre dialogue superflu. Après tout, c’est un sport japonais : ça ne se commente pas, ça se découvre avec les yeux et la curiosité.

Sumo Girl, signé Scaillet et Hybre © Sarbacane, 2026
Article publié dans ZOO Le Mag N°110 Mai-Juin 2026



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