Le scénariste de Blue Lock et Japaan s’allie au dessinateur de Prison School et Raw Hero pour nous offrir une série érotico-SF qui décoiffe. Vous ne regarderez jamais plus les belles inconnues de la même façon…
De quoi peut bien parler Super Ball Girls ?
Tout part d’une situation, au premier abord assez simple. Eita « Ichi » Ichiyoshi, un jeune employé d’une chocolaterie, un brin maladroit, rentre du travail et croise sur son chemin une balle rebondissante qui l’intrigue. Il la ramasse, la ramène chez lui et dans un moment de relâchement, la fait rebondir sur les murs. La balle semble alors s’affoler et soudain, elle se transforme en une magnifique jeune fille nue qui lui tombe sur les genoux : l’image parfaite de tous ses fantasmes.

Le scénariste de Blue Lock et Japaan s’allie au dessinateur de Prison School et Raw Hero pour nous offrir une série érotico-SF qui décoiffe © 2025 Muneyuki KANESHIRO, Akira HIRAMOTO / SHOGAKUKAN
Pris de court, il ne peut s’empêcher de l’embrasser et, à ce moment-là, trois balles émergent du dos de l’étrangère qui ne tardent pas, elles aussi, à se changer en trois nouvelles beautés. Comprenant le rôle de son baiser, Ichi limite donc les contacts avec ce quatuor voluptueux qui occupe dorénavant son appartement. Il se rend aussi compte qu’elles ont la mémoire absolument vierge de toute connaissance.
Il entreprend de leur enseigner quelques rudiments de la vie en société, tout en essayant de modérer le plus possible leur contact avec l’extérieur, afin de prévenir tout dérapage. Cependant, malgré sa vigilance, il ne peut pas vraiment les empêcher d’être curieuses, notamment celle qu’il a baptisée Oka.
Être ou ne pas être
Plus maligne que les autres, cette dernière saisit dès le début qu’il fallait se cultiver afin de mieux comprendre ce monde qui les entoure. En lisant et en observant, elle appréhende bien mieux sa propre nature et cette dépendance à Ichi, même si ce dernier ne profite absolument pas de la situation.
Elle amorce progressivement une véritable remise en question identitaire qui va l’amener avec ses sœurs à tenter une première fugue, ce qui provoque deux malencontreux baisers et donc l’arrivée de six créatures qui prennent rapidement la tangente. Mais la graine est semée, désormais, cette prise de conscience va prendre le dessus dans l’intrigue, jusqu’à tourner à l’obsession violente.

Une surprenante série qui se joue habilement des faux-semblants © 2025 Muneyuki KANESHIRO, Akira HIRAMOTO / SHOGAKUKAN
Les nouvelles arrivées veulent alors s’émanciper de ces règles humaines qui les empêchent de s’épanouir, de se multiplier à volonté, quitte à se révolter et tenter des expériences pour repousser les limites de leurs capacités.
Face à une situation qui dérape dangereusement, les forces de l’ordre interviennent pour tenter de juguler l’horreur qui grossit. Ichi n’est dès lors plus qu’un pion, tout juste bon à se laisser manipuler par les autorités, même s’il a tenté, auparavant, de constituer une première brigade de « Super ball girls rangers ». Mais la suite nous dira s’il lui reste encore des cartouches en réserve…
Plus sexy qu’un Gremlin
Ainsi, sous un habillage quelque peu racoleur, avec ses héroïnes ultra-sexualisées, Super Ball Girls se révèle, au fil des volumes, une série nettement plus nuancée que prévu, qui penche vers une SF horrifique aux aspirations, paradoxalement, intimistes.
Néanmoins, le thème de l’extraterrestre qui se multiplie, tel un virus, n’est en soi pas nouveau, il suffit de repenser aux Mogwais qui, au contact de l’eau, généraient des versions monstrueuses d’eux-mêmes, les Gremlins… Si ce n’est que le concept est cette fois adapté, très pertinemment, à une société moderne qui s’enlise dans ses fantasmes et sa représentation stéréotypée de la femme dite « parfaite » qui ne souhaite qu’un baiser passionné pour enfin se reproduire, sans en attendre davantage…

Extrait de Super ball girls, T.4 © 2025 Muneyuki KANESHIRO, Akira HIRAMOTO / SHOGAKUKAN
Après trois volumes qui ont vu l’émergence de deux camps bien distincts, ce quatrième tome annonce immédiatement la couleur : la guerre est désormais inéluctable.
Une surprenante série qui se joue habilement des faux-semblants. Le monstre n’est pas toujours dans la laideur, après tout…



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