Une ville à bâtir dans l’au-delà. Des créatures perdues à rassembler. Un homme que son propre rêve pourrait dévorer. La Seconde Vie de Sander, fresque fantastique de 320 pages dessinées à la main, plonge dans un monde médiéval halluciné signé Stepan Razorënov. La naissance d’une cité, l’ivresse du pouvoir, la frontière fragile entre utopie et obsession.


Série : La Seconde Vie de SanderTome : 1/1Éditeur : Solodolo
Auteur : Stepan Razorënov
Prix : 26.00€
- ZOO
5.0
Scénario
5.0
Dessin
5.0

- Lecteurs0 critique
Le synopsis de l'album
La mort vous va si bien
Sander passe de vie à trépas. A-t-il pour autant gagné l’au-delà ? Malgré sa transformation physique, son nouvel environnement n’est guère différent de ce qu’il a déjà connu. Ni magie ni sortilège, on peut même décéder dans cet étrange purgatoire ! Mais Sander goûte peu à l’introspection. Et si une nouvelle chance lui est offerte, elle penchera plus du côté de la revanche que de la rédemption. En meneur, il organise alors une cité qu’il dirige avec autorité.
On sait peu de choses sur Stepan Razorënov si ce n’est que cet auteur russe de 24 ans n’a pas eu le privilège d’être édité dans son propre pays.

Sander porte les traits d’un batracien tandis que l’on peut croiser par ailleurs oiseaux, bison ou bouc © Solodolo, 2026
Son récit tient par la galerie de personnages qu’il dresse, aussi réussis graphiquement que dans leur écriture. Les différentes réincarnations permettent à l’auteur de montrer l’étendue de son talent. Son dessin peut donner dans l’anthropomorphisme : Sander porte les traits d’un batracien tandis que l’on peut croiser par ailleurs oiseaux, bison ou bouc. James est un géant féroce issu des contes et du folklore. D’autres pourraient passer pour des yokais imaginés par Mizuki. Les corps sont difformes tendant soit vers le grotesque soit vers l’effrayant, une esthétique encore accentuée par le travail de hachures et de motifs, malheureusement un peu écrasée par des couleurs trop sombres.

Tiré à 1 000 exemplaires, la première édition s’est écoulée en 45 jours © Solodolo, 2026
Ces multiples réincarnations influent bien sûr sur les rapports que les protagonistes tissent entre eux. Cette galerie de personnages nourrit une toile de fond d’heroic fantasy plutôt sombre. Pourtant, et c’est l’une des originalités du livre, l’univers reste ancré dans une réalité familière. De nombreux symboles judéo-chrétiens ponctuent le récit, à l’image de ces cases en forme de vitraux qui ornent chaque ouverture de chapitre, tandis que de multiples flash-backs permettent de lever le voile sur la période périmortem de nombreux personnages.
Tiré à 1 000 exemplaires, la première édition s’est écoulée en 45 jours. Pari gagné pour la petite maison d’édition Solodolo qui sortira le deuxième des trois tomes début 2027. Et après tout, on ne fait pas faux bond à la mort.
Haut de page