À travers Dali, T.2 – Gala, Julie Birmant et Clément Oubrerie plongent le lecteur dans l’univers fascinant du surréalisme et retracent une rencontre amoureuse qui a profondément marqué l’histoire de l’art du XXe siècle.
Dans ce livre, les auteurs poursuivent leur exploration de la jeunesse du peintre catalan en se concentrant sur une rencontre décisive : celle de Gala. L’album s’ouvre sur un Dalí encore fragile et anxieux, fuyant Paris après la projection du Chien andalou, qu’il a coécrit avec Luis Buñuel. De retour à Cadaqués durant l’été 1929, il croise Gala Éluard, épouse du poète Paul Éluard. Cette rencontre bouleverse profondément sa vie personnelle et artistique. Ce deuxième tome de Dali montre alors la naissance d’un couple fusionnel, passionné et déjà marqué par une fascination réciproque presque obsessionnelle.

À travers ce second opus, Julie Birmant et Clément Oubrerie plongent le lecteur dans l’univers fascinant du surréalisme et retracent une rencontre amoureuse qui a profondément marqué l’histoire de l’art du XXe siècle © Dargaud, 2024
Le scénario de Julie Birmant réussit à rendre accessible une figure aussi complexe et excessive que Dalí. L’autrice ne cherche pas à dresser un portrait académique du peintre ; elle préfère montrer ses contradictions, ses peurs et son immense besoin de reconnaissance. Gala apparaît quant à elle comme une figure magnétique, presque mystérieuse, qui agit comme un révélateur du génie de Dalí. L’album trouve un bon équilibre entre biographie et mise en scène romanesque, tout en restituant l’effervescence artistique des années surréalistes. Certaines scènes flirtent avec le rêve et l’hallucination, ce qui correspond parfaitement à l’univers du peintre.

Julie Birmant ne cherche pas à dresser un portrait académique du peintre ; elle préfère montrer ses contradictions, ses peurs et son immense besoin de reconnaissance © Dargaud, 2024
Le dessin de Clément Oubrerie constitue l’une des grandes forces de l’album. Son trait souple et vivant apporte beaucoup d’humanité aux personnages, tandis que les couleurs chaleureuses évoquent aussi bien la lumière méditerranéenne de Cadaqués que les tourments intérieurs de Dalí. Le dessinateur parvient également à intégrer des éléments visuels inspirés du surréalisme sans jamais perdre la fluidité du récit.

Le dessin de Clément Oubrerie constitue l’une des grandes forces de l’album © Dargaud, 2024
Cette œuvre prend aujourd’hui une dimension particulière avec la disparition récente de Clément Oubrerie, immense dessinateur connu notamment pour Aya de Yopougon et Pablo. Dali, T.2 – Gala apparaît ainsi comme l’un de ses derniers grands travaux, un hommage sensible à la création artistique et à la liberté d’inventer des mondes.
Une série très intéressante qui, nous le souhaitons, trouvera un dessinateur pour la poursuivre.