Avec Jona au pays des pommes, Matsumushi Arare signe un manga doux et émouvant sur l’émancipation et l’acceptation de soi. Lassée des remarques sur son poids et du regard toxique de son entourage, Alice quitte Tokyo pour la campagne d’Aomori, où elle retrouve sa grand-mère et une vie plus simple. Entre découverte du dialecte local, nouveaux liens et rencontre avec Masaichi, un jeune cultivateur de pommes, la jeune femme réapprend à s’aimer et à se reconstruire. Un récit bucolique et bienveillant sur les différences, la guérison et la possibilité d’un nouveau départ.
« Ça devrait te mincir comme ça… » Alice Katô, 25 ans, n’en peut plus d’entendre ce genre de phrases. Complexée par son poids, étouffée par le regard des autres et les attentes de sa mère, elle décide de quitter Tokyo pour aller chez sa grand-mère, dans la campagne profonde, à Aomori. Là, la jeune femme retrouve progressivement goût à la vie, en enseignant dans l’école locale mais aussi en apprenant à mieux connaître le beau Masaichi, jeune cultivateur de pommes…
Prépublié dans le magazine Jour et aux éditions Futabasha en 2023, Jona au pays des pommes est une série en cours comprenant 2 tomes. Matsumushi Arare (Un Amour Démoniaque) s’intéresse aux différences. D’un côté, elle situe l’action à Aomori, à 600 km de Tokyo, région reculée au dialecte rural (le tsugaru-ben, pour lequel les éditions du Lézard noir ont fourni un gros travail d’adaptation). De l’autre, son héroïne ne répond pas aux standards de beauté sociétaux.

Dans "Jona au pays des pommes, T. 1", Matsumushi Arare aborde la toxicité des standards de beauté
© Le Lézard Noir, 2026
Pas plus lourde que trois pommes
Le personnage d’Alice témoigne : « Je me sens soulagée quand je vois quelqu’un de plus gros », « Les seuls compliments qu’on me fait concernent toujours mes vêtements »… La mangaka aborde le regard des autres, la toxicité d’Instagram, mais aussi la possible reconstruction grâce à l’émancipation et à l’amour. Masaichi rebaptise Alice en « Jona », un hommage à la variété de pomme « Jonagold » car : « Tchu r’ssembles à une pomme. Tch’es rouge et ronde. » Le tout dans un cadre bucolique porté par un trait rétro, aussi nostalgique qu’authentique.
Dans le prochain tome, la relation entre Alice/Jona, sa mère et sa grand-mère sera au coeur du récit. Et, avec un peu de chance, les sentiments grandissants entre Jona et Masaichi…



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