Avec ce troisième et dernier volet, Noir Horizon conclut sa trilogie de hard science-fiction sur une note aussi spectaculaire que symbolique.
Kadingirra brûle. Les explosions ont déclenché des impulsions électromagnétiques neutralisant les traceurs qui maintenaient la population sous surveillance. Profitant du chaos, Esther et les insurgés libèrent les civils et rejoignent les souterrains où les attend le Shemot, immense vaisseau destiné à emporter un peuple vers Kepler. Mais le gouverneur Achab, acculé, lance son vaisseau amiral à leur poursuite avant d’ordonner la destruction totale de la cité.
L’exode marque le début d’une nouvelle épreuve. Kepler n’est pas une Terre promise : une brume mystérieuse y transforme les humains en monstres. Face à la peur et aux divisions, Esther devra guider les siens et empêcher que la tyrannie qu’ils ont fuie ne renaisse sous une autre forme.

Extrait du troisième et dernier tome de Noir Horizon : Shemot
© Glénat, 2026
Mêlant énergie sombre, matière noire et références aux prophètes apocryphes, aux Cavaliers de l’Apocalypse et à l’Exode, Noir Horizon dépasse le simple récit spatial. Dans la lignée de La Boétie, l’album interroge les mécanismes de la domination : comment une minorité impose-t-elle sa volonté à une société résignée ? Pourquoi consent-on à sa propre servitude ? L’album porte également une question philosophique assez récurrente : peut-on échapper à son destin ?
Le scénariste Philippe Pelaez signe ici une conclusion dense et musclée. Habitué à explorer des univers variés, il raconte une histoire sombre où la science et la spiritualité se croisent pour poser des questions sur la liberté et la responsabilité de chacun.
Au dessin, Benjamin Blasco-Martinez livre des planches d’une énergie saisissante. Connu pour ses incursions dans le western ou les récits historiques, il sort ici de sa zone de confort pour bâtir un univers cohérent, puissant et immersif. Ses compositions dynamiques et son sens du mouvement happent le lecteur jusqu’à la dernière page.
Les trois tomes se lisent d’une traite, portés par un suspense constant et une montée en tension maîtrisée, jusqu’à cette conclusion qui referme l’horizon… sans jamais cesser de questionner notre propre monde.