Emmanuel Moynot signe un nouvel album social et sombre, dont il a le secret. Comme parfois chez lui, une pointe de comédie noire rend le récit mordant et acide à souhait.
Le Pépère est un vieux célibataire qui vit depuis toujours dans la maison familiale. S’il appréciait grandement son père, les relations avec sa mère étaient manifestement plus difficiles. La visite d’une employée de l’Agence régionale pour la valorisation immobilière concertée va transformer à jamais son existence bien ordonnée. Pour le pire ?

Avec Le Pépère, Emmanuel Moynot livre un nouveau récit social aussi mordant que sombre.© Glénat, 2026
Les joies de la noirceur
Le récit, découpé en chapitres, avance de manière dynamique, notamment grâce à l’utilisation de la narration alternée et à la première personne. Sa construction, astucieuse, est réjouissante. Sous son apparente tranquillité, il révèle rapidement de nombreuses surprises. Il en va de même du ton adopté, qui entremêle sarcasme, amertume et une certaine bonhomie, même si l’histoire se fait toujours plus sombre. Cela évoque des classiques cinématographiques de la comédie noire britannique (tels ceux d’Alexander Mackendrick) ou italienne. Le dessin, vif, aux couleurs plutôt aqueuses, accorde de l’importance aux lieux comme aux personnages, s’attachant autant au théâtre des situations qu’aux expressions. La fin, surprenante, conclut brillamment cette très bonne comédie macabre.

Le Pépère d'Emmanuel Moynot : une comédie macabre savoureuse, qui rappelle parfois le ton du cinéma britannique ou italien le plus grinçant..© Glénat, 2026
Article publié dans ZOO Le Mag N°109 Mars-Avril 2026