Corum Jhaelen Irsei, le prince à la robe écarlate, est désormais le dernier Vadhagh à respirer. Sa famille vient d’être assassinée par les Madben, des Hommes menés par le comte Glandyth-a-Krae, peu conscient du conflit cosmique opposant les dieux de la Loi à ceux du Chaos.
Ce qu’il y a de bien pratique avec la mythologie du Champion éternel, c’est que, quel que soit le tome du cycle que vous décidez de lire, il est difficile d’être paumé. Prenez les livres de Corum, par exemple : un chevalier errant, dernier de son espèce, se retrouve au centre d’un éternel conflit entre les dieux lunatiques du Chaos et de la Loi… Ça vous rappelle le cycle d’Elric ? C’est normal, et c’est tout le principe du multivers composé par le plus grand expert en la matière : l’auteur américain Michael Moorcock. David Chauvel et Lucas Merli relèvent le défi d’adapter en BD la geste de l’un de ses héros, Corum.

Extrait de Corum, T.1 : Le chevalier des épées, signé David Chauvel au scénario et Lucas Merli au dessin, d'après l'oeuvre de Michael Moorcock © Glénat, 2026
Redondance et entropie
Avouons-le : la couverture est particulièrement splendide (surtout l’édition spéciale noir & blanc) et les premières pages sont prometteuses. Lucas Merli, le dessinateur de West Legends et coloriste d’Elfes, offre un très bel exemple de son usage précis des couleurs. Les décors des cités, surtout, sont de toute beauté. Et l’épopée de Corum lui offre moult occasions de mettre son talent à l’épreuve. Costumes et character design sont tout autant soignés. Dommage, en revanche, que les visages soient moins stylisés.

Extrait de Corum, T.1 : Le chevalier des épées, signé David Chauvel au scénario et Lucas Merli au dessin, d'après l'oeuvre de Michael Moorcock © Glénat, 2026
Côté scénario, c’est assez béton : David Chauvel synthétise efficacement une mythologie sans donner l’impression de singer le travail de Julien Blondel sur Elric. De la rime qui évite de se répéter.

Extrait de Corum, T.1 : Le chevalier des épées, signé David Chauvel au scénario et Lucas Merli au dessin, d'après l'oeuvre de Michael Moorcock © Glénat, 2026
Article publié dans ZOO Le Mag N°109 Mars-Avril 2026