Seiichi et Mitsuko ont vécu plus de 50 ans ensemble. Entre le poids du quotidien et les affres du temps, pourront-ils s’aimer jusqu’à la fin de leur vie ?
« Ma femme m’a quitté. Je me disais que ça ne pouvait pas nous arriver, mais, avec le recul, il y a eu plein de signes précurseurs… » Seiichi est abasourdi : son ami a divorcé. Et si sa femme Mitsuko le quittait lui aussi ? Il faut dire qu’après 50 ans de mariage, il ne fait plus d’efforts, ne participe jamais aux tâches ménagères et tient pour acquis son repas servi à heure fixe. Seiichi étant égoïste et renfrogné, exprimer ses sentiments ne sera pas chose aisée… Heureusement, il peut compter sur les conseils de sa petite-fille.
L’histoire courte Même si tu venais à disparaître a d’abord été partagée par Erika Kogiku sur ses réseaux sociaux. Face au succès rencontré, elle a été publiée en manga au Japon en septembre 2024 aux éditions Kadokawa, avec quatre histoires inédites. C’est ce one-shot que Tonkam publie sous le titre Si nous pouvions rester ensemble pour toujours.

Extrait de "Si nous pouvions rester ensemble pour toujours" de Erika Kogiku © Delcourt/Tonkam, 2026
Ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Le premier chapitre est une jolie réflexion sur les effets du temps en amour : chacun change, tout semble acquis… Erika Kogiku capture parfaitement les dynamiques d’un vieux couple. Seiichi est incapable de parler de ses peurs sans devenir colérique. Il est devenu égoïste, bercé par les attentions de la conciliante Mitsuko. Le manga interroge notre rapport au couple traditionnel et à l’interdépendance qu’il crée en fin de vie. Les chapitres suivants, revenant sur les souvenirs passés et la rencontre amoureuse, sont moins forts.
Le trait d’Erika Kogiku est très fin. Son tramage crée une ambiance feutrée, intimiste et mélancolique. Ses personnages sont marqués, leurs émotions subtiles mais puissantes, à l’image du temps qui passe.



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