Deux tomes, ça suffit parfois à véhiculer avec efficacité un récit complexe aux thèmes marqués. La preuve en est avec Smother me.
Les séries d’action les plus commercialement viables ne sont pas forcément celles empreintes des plus grandes velléités stylistiques. Smother me, cependant, saute autant aux yeux qu’à la gorge grâce à une ambiance visuelle qui élève immédiatement un propos particulièrement acide et condensé. La série, courte et impactante, profite généreusement des outils digitaux qui lui sont offerts. Trames et variations de trait se subliment lors de scènes d’action, renforçant à leur tour le désespoir inhérent au récit.

Extrait de "Smother me, T. 1" de Hiroshi Shimomoto © Glénat, 2026
Meurtrier meurtri
Désespoir dans lequel se débat courageusement Akio, enfant de 13 ans vendu à la mafia et transformé en tueur à gages (talentueux), persuadé que les enfants, lui-même inclus, ne sont que des proies pour les adultes d’un Détroit métaphoriquement recouvert de cadavres. Akio, manipulé, sous emprise psychologique, découvre une lueur d’espoir sous la forme d’une commerçante aveugle qui lui fait montre de gentillesse.

Extrait de "Smother me, T. 1" de Hiroshi Shimomoto © Glénat, 2026
Cette maigre lueur de bonté fait sauter ses verrous et le chemin qu’il empruntera pour tenter d’aboutir au bonheur de cette femme bienveillante l’amènera vers une frénésie meurtrière implacable. Toutefois, sorti des sentiers battus et rabattus des ordres dictés et des cibles bien identifiées, la situation se complique. Les tueurs du haut de la pyramide se mettent en branle, espérant profiter du chambardement pour renverser l’équilibre sanglant de leur petit milieu de psychopathes - faisant du gamin ensanglanté un pion de choix.



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