Martin Quenehen et Antoine Cossé nous emportent à la fin du XIXᵉ siècle, au Japon, dans les traces d’un jeune officier français rebelle qui croise la route d’une belle courtisane. Deux destins d’exclus qui se complètent.
Dans la solitude de sa chambre, Shizuka repense à celui qu’elle aime, ce jeune soldat appelé Jules. C’est la guerre. Le Japon est en pleine transition politique, avec la fin de l’époque d’Edo, très traditionnaliste, qui se conclut dans la violence et le glissement vers l’ère Meiji, plus moderne.

Extrait de Ce monde n'existe pas, par Martin Quenehen et Antoine Cossé © Casterman, 2026
Symboliquement, c’est une période d’effondrement, mais qui annonce une mutation des mœurs et, notamment, l’abolition de certains décrets concernant les Hinins, la classe la plus basse de la société jusque-là.

Extrait de Ce monde n'existe pas, par Martin Quenehen et Antoine Cossé © Casterman, 2026
Lorsqu’il débarque au Japon, Jules est devenu capitaine, malgré son passé tumultueux. Néanmoins, il déserte et décide d’aller combattre aux côtés des samouraïs lors de la guerre de Boshin. C’est à ce moment-là qu’il rencontre Shizuka, vendue par ses parents à un bordel dès l’âge de neuf ans.

Extrait de Ce monde n'existe pas, par Martin Quenehen et Antoine Cossé © Casterman, 2026
Si l’album est en grande partie consacré à Jules et à ses multiples mésaventures, l’essentiel réside pourtant dans ces quelques passages où le regard de ces deux étrangers se croise et découvre le reflet d’un monde qu’ils croyaient jusque-là inaccessible. Malgré tout, par sa voix qui nous accompagne tout au long du récit, nous apprenons à mieux connaître la jeune femme, qui se dévoile doucement, au gré des aquarelles d’Antoine Cossé. Celles-ci peuvent parfois déconcerter, mais elles possèdent un charme à la fois subtil et brut qui ne laisse personne indifférent.

Extrait de Ce monde n'existe pas, par Martin Quenehen et Antoine Cossé © Casterman, 2026
Loin des grandes envolées lyriques, Ce monde n’existe pas reste un album sensible et bouleversant.
Article publié dans ZOO Le Mag N°109 Mars-Avril 2026