La conclusion du cycle des Âges perdus vient apporter une réponse à la quête menée au cours des trois derniers albums.

Extrait de Les Âges Perdus T.4, par Didier Poli et Jérôme Le Gris © Dargaud, 2026
Ce quatrième et dernier tome vient clore la série avec justesse. Elaine de Moòr, venue d’Anglia, sur le continent, part en quête du savoir des temps anciens. Depuis le cataclysme de l’an 1000, la société a été profondément bouleversée : les hommes sont revenus à un mode de vie de chasseurs-cueilleurs. Déterminée à retrouver les secrets de l’agriculture et de l’élevage, Elaine entreprend un long périple qui la mène jusqu’à la cité du roi Taon, unique lieu où subsistent d’anciens parchemins révélant ces connaissances oubliées. Mais une fois sur place, le doute s’installe. Elle confie ses interrogations à son ami Mara : doit-elle rapporter ces savoirs sur son île et initier un renouveau agricole, au risque de voir naître conflits et rivalités liés à l’appropriation des terres ? Ou bien préserver l’équilibre fragile d’une société violente mais structurée par des règles établies ? Les événements de cet ultime album la pousseront à faire un choix déterminant.

Les Âges Perdus T.4, signé Poli et Le Gris© Dargaud, 2026
Dider Poli, qui partage son temps entre bande dessinée et jeu vidéo, a lancé cette saga avec Jérôme Le Gris. Après deux premiers tomes parus rapidement en 2021 et 2022, le dessinateur, accaparé par son studio, a ralenti le rythme. Pour les tomes 3 et 4, publiés en 2025 et cette année, Luca Bulgheroni est venu renforcer la partie graphique. Son intervention, parfaitement intégrée, reste imperceptible tant le style demeure homogène.

Les Âges Perdus T.4, une narration qui privilégie l'action et le dynamisme © Dargaud, 2026
Comme dans les précédents volumes, la narration privilégie l’action et le dynamisme. Poli et Le Gris, influencés par le cinéma, font preuve d’un réel sens de la mise en scène : le découpage est nerveux, les cadrages précis et efficaces. Après un troisième tome légèrement en retrait, au rythme plus lent et au scénario moins dense, cette conclusion s’avère particulièrement réussie. Les choix narratifs, à la fois cohérents et surprenants, apportent une véritable épaisseur au récit.
Sous les atours d’une heroic fantasy intense, cette série propose une réflexion pertinente sur l’évolution des sociétés humaines.



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