Willy Ohm réinterprète à sa sauce la culture pop japonaise des années 80 dans un polar survitaminé, sombre et mélancolique. Surprenant et fort
1986, Tokyo. Tabako est un détective privé de seconde zone qui travaille surtout sur des affaires d’adultère. Volontiers porté sur l’alcool, il a un rapport compliqué à la nourriture. Alors, quand il reçoit une invitation à se rendre dans un restaurant, sa seule motivation réside dans la gratuité des boissons. Une chose est sûre : il n’aurait pas dû quitter son bureau.

Extrait de Umami, par Willy Ohm © Dargaud, 2026
La force d’un récit
Dès les premières pages, Willy Ohm met en place un univers imprégné de culture pop japonaise, où se côtoient humains, animaux, végétaux et robots. Le dessin est tout en rondeur, les couleurs acidulées sont parfois complétées par des dégradés, et le découpage comme la mise en page sont souvent très dynamiques. Cela fait particulièrement ressortir la mélancolie et la noirceur de l’histoire. Celle-ci joue sur les codes du polar et du détective dur à cuire qui cache une faille. La nature de cette dernière est dévoilée au fil de retours en arrière, réalisés en bichromie, qui apportent une belle délicatesse.

Umami, un album qui combine loufoquerie et mélancolie, signé Willy Ohm © Dargaud, 2026
Cet album combine loufoquerie et mélancolie, poésie et noirceur, de manière très convaincante. Willy Ohm est particulièrement doué pour donner vie aux scènes, par ses décors comme par les personnages qu’il y place.

Umami, le troisième album de la collection Cantina © Dargaud, 2026
Ce troisième album de la collection Cantina confirme l’originalité et la grande qualité de cette collection consacrée à la cuisine, créée et dirigée par Felder. On en redemande !
Article publié dans ZOO Le Mag N°110 Mai-Juin 2026



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