La suite attendue d’un album marquant : après un 1er tome ancré dans le réel (un orphelinat) mais nimbé de fantastique, L’École de la nuit est un récit basculant dans un onirisme complexe mais maîtrisé. Les royaumes de Tiketone existent !

Les Royaumes de Tiketone T.2 - L'École de la Nuit : La suite attendue d’un album marquant © Casterman, 2026
Initialement prévu pour l'automne 2024, ce tome 2 sort finalement un an et demi plus tard. Nous avions été marqués par le tome 1 dans lequel nous découvrions un groupe d'orphelins ayant tous un passé difficile, qui hésitaient à croire Thomas, l'un d'entre eux, quand celui-ci leur parlait d'un monde magique mais accessible sous certaines conditions : les royaumes de Tiketone.

La réponse est claire dans ce tome 2 : ce monde parallèle existe bien ! © Casterman, 2026
Ces enfants cabossés par la vie étaient bien campés. Le fait que les parents de Mélissa Morin faisaient famille d'accueil pour enfants de la DDASS lui a apporté une inspiration qui détonne de manière singulière. Le charme de ce premier ouvrage était que le lecteur ne savait pas s'il s'agissait d'une psychose ou l'avant-propos d'un récit fantastique.

Une série originale pour ados (et pour les autres aussi) ! © Casterman, 2026
La réponse est claire dans ce tome 2 : ce monde parallèle existe bien, à moins que l'autrice nous concocte une supercherie en vue du dernier volume de cette trilogie ! Les enfants se retrouvent séparés, seuls ou par petits groupes dans un univers hermétique qui confine à la folie. Ils ne réagissent pas en héros pleins de ressources, mais comme les gamins paumés qu'ils sont. Cela les rend parfois irritants, mais sans doute plus vrais.
Il n'est pas simple de décrire les évènements qui se succèdent. Et quelle est l'intention de l'autrice : peut-être qu'il n'est pas simple quand on est un gosse paumé de savoir en qui on peut faire confiance ou non. Les enfants vont faire des rencontres sacrément surprenantes...

Les enfants se retrouvent séparés, seuls ou par petits groupes dans un univers hermétique qui confine à la folie © Casterman, 2026
On pourrait penser à la trame d'un jeu vidéo débridé, mais même les lecteurs qui ne sont pas des gamers se laisseront prendre par l'histoire, qui met en valeur une forte créativité visuelle. Comment définir le style de Mélissa Morin ? Il est peut-être à la croisée du dessin animé anglo-saxon, du manga et de Moebius, si on veut faire des comparaisons. Mais il s'agit surtout d'un style qui est bien à elle.
Une série originale pour ados (et pour les autres aussi), qui se conclura dans un 3e tome qui devrait aussi faire 200 pages.



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