Un récit choral où les tensions sociales rencontrent les rêves de la jeunesse.
Dans ce troisième et ultime volume de la saga Les vents ovales, nous retrouvons l’ensemble des personnages déjà croisés dans les deux précédents tomes. L’intrigue met en lumière la manière dont, depuis deux petits villages du Sud-Ouest, on voit peu à peu monter la vague de Mai 68.

Le dessin semi-réaliste de Horne, marqué notamment par certains visages aux nez exagérément longs, apporte une légère distance humoristique qui accompagne parfaitement le ton positif et souvent comique du scénario © Dupuis, 2026
Ce dernier épisode s’attache particulièrement au personnage de Monique, fille du directeur de l’usine locale, qui partage la vie d’un instituteur communiste. Cette observation intime et proche de la vie quotidienne, nous montre comment les tensions sociales et générationnelles s’expriment jusque dans les campagnes. Toujours en lien avec le rugby, la série illustre aussi la façon dont les jeunes joueurs deviennent les porteurs des idées nouvelles qui agitent alors toute la France.

Restitution de cette époque finalement assez proche, mais qui paraît aujourd’hui presque appartenir à un autre monde tant la société a évolué © Dupuis, 2026
Jean-Louis Tripp et Aude Mermilliod signent une chronique sociale riche et sensible. Si la vie de ces villages est parfois idéalisée, elle révèle néanmoins avec justesse le fossé entre les générations : d’un côté, les anciens marqués par la guerre et les années de reconstruction ; de l’autre, une jeunesse désireuse de s’émanciper du cadre rigide hérité de ses aînés.

L’intrigue met en lumière la manière dont, depuis deux petits villages du Sud-Ouest, on voit peu à peu monter la vague de Mai 68 © Dupuis, 2026
Chaque chapitre correspond à un mois précis, permettant aux auteurs de revenir sur les grands événements qui ont nourri cette révolution des mentalités. La mort de Martin Luther King ou encore l’arrivée de la contraception viennent ainsi ponctuer le récit et replacer l’histoire dans son contexte historique. Le regard de Monique, croisé avec celui de sa meilleure amie - une fille de paysans partie étudier à Paris - permet également de faire le lien entre l’effervescence de la capitale et ses répercussions dans les petits villages.

Extrait du T.3 de Les vents ovales, un triptyque empreint de nostalgie, d’humanité et de bonne humeur © Dupuis, 2026
Horne, dont le trait peut se révéler très varié selon les œuvres, adopte ici une mise en page classique en trois bandes par page. Son dessin semi-réaliste, marqué notamment par certains visages aux nez exagérément longs, apporte une légère distance humoristique qui accompagne parfaitement le ton positif et souvent comique du scénario.

Jean-Louis Tripp et Aude Mermilliod signent une chronique sociale riche et sensible © Dupuis, 2026
L’auteur restitue avec soin cette époque finalement assez proche, mais qui paraît aujourd’hui presque appartenir à un autre monde tant la société a évolué. Costumes, véhicules et objets du quotidien - de la 2CV au Solex - participent pleinement à cette immersion nostalgique. Les couleurs douces et lumineuses de Jérôme Maffre viennent enfin enrichir l’ensemble et insufflent beaucoup de chaleur au récit.
Un triptyque empreint de nostalgie, d’humanité et de bonne humeur.