Dans ce deuxième épisode de la série, nous retrouvons le jeune bandit qui a usurpé l’identité de l’une de ses victimes, Edward Pump. À seulement 17 ans, il est devenu une figure incontournable de la ville qui l’a accueilli. Propriétaire d’un saloon, fondateur d’un bordel et séducteur invétéré, il s’est imposé comme l’une des personnalités les plus en vue de la cité.

Propriétaire d'un saloon, fondateur d'un bordel et séducteur invétéré, le jeune bandit s'est imposé comme l'une des personnalités les plus en vue de la cité © Editions Anspach, 2026
À la fin du premier tome, l’arrivée d’une « cousine », Elizabeth Pump, semblait menacer sa supercherie. Edward redoutait qu’elle ne révèle qu’il avait usurpé l’identité du défunt, mais il n’en est rien. Ruinée et ambitieuse, la jeune femme préfère s’associer à lui dans l’espoir de faire fortune. Malgré une confiance toute relative, les deux complices forment rapidement un duo redoutable, multipliant les combines discrètes qui leur assurent des revenus confortables.

À la fin du premier tome, l'arrivée de sa "cousine", Elizabeth Pump, semblait menacer sa supercherie, mais il n'en est rien... © Editions Anspach, 2026
Leur équilibre est toutefois bouleversé lorsque Wigelow, l’ancien chef de bande d’Edward, refait surface. Désireux de tirer profit de la nouvelle position sociale de son ancien protégé, il entend l’entraîner dans de nouveaux coups. Edward n’a guère le choix : pour préserver sa couverture, il doit accepter de jouer le jeu.
Ce deuxième tome poursuit sur la lancée du premier album. Rodolphe s’inspire librement de l’histoire de la famille Trump, depuis son arrivée aux États-Unis jusqu’à l’accession de Donald à la présidence. Il en tire un récit largement romancé - et l’on espère fortement exagéré - centré sur l’un de ses ancêtres.

Un anti-héros aussi cynique qu'intelligent © Editions Anspach, 2026
Le résultat est un western atypique dont le protagoniste est un anti-héros aussi cynique qu’intelligent, animé avant tout par l’appât du gain et la réussite personnelle. Tout le charme du scénario réside dans l’ascension insolente de cette canaille séduisante, à qui tout semble réussir. Rodolphe pousse même l’exercice jusqu’à rendre ce personnage profondément immoral étonnamment attachant.
Laurent Gnoni, qui collabore avec Rodolphe depuis plusieurs albums, assure une nouvelle fois la partie graphique avec talent. Son héros évoque par moments Angel Face dans la série Blueberry. Même blondeur angélique, même apparence trompeuse.

Un western atypique au superbe graphisme © Editions Anspach, 2026
Le dessinateur propose des planches au trait réaliste et efficace, privilégiant avant tout la lisibilité du récit. Son découpage classique et ses cadrages très cinématographiques servent parfaitement l’action et les personnages. On perçoit également son goût pour les comics américains, notamment dans l’encrage et certaines postures particulièrement travaillées.
Une excellente série qui confirme toutes les qualités du premier tome et dont on attend la suite avec impatience.