Un voyage initiatique où l’amitié, le deuil et les rêves de jeunesse se croisent avec une rare justesse.
Matteo convainc ses amis Lennon et Victor de l’accompagner à la soutenance de thèse de sa cousine Lydie. Comme ils apprécient beaucoup la jeune femme, ils acceptent sans hésiter. Mais une fois sur la route, Matteo leur révèle la véritable raison du voyage : ils se rendent à Saint-Jean-de-Luz pour vider la maison de son père, décédé trois mois plus tôt. Matteo a grandi seul avec sa mère, sans réellement connaître ce père qui a quitté le foyer lorsqu’il avait cinq ans. Sa disparition semble le laisser indifférent ; il ne s’est même pas rendu à l’enterrement. Pourtant, il doit désormais affronter cet héritage et choisit de le faire accompagné de ses deux meilleurs amis.

Une fois sur la route, Matteo leur révélera la véritable raison du voyage : ils se rendent à Saint-Jean-de-Luz pour vider la maison de son père, décédé trois mois plus tôt © Grand Angle, 2026
Tous les trois ont monté un groupe de musique sous l’impulsion de Lennon, chanteur, guitariste et compositeur du trio. À une période charnière de leur vie, ce voyage prend alors des allures d’initiation. Chacun poursuit sa propre quête : Matteo cherche à comprendre son passé familial, Victor espère trouver le grand amour, tandis que Lennon rêve d’un premier succès musical. Entre portes que l’on ouvre et souvenirs que l’on referme, les trois amis traversent ensemble des moments d’une grande intensité.

Entre portes que l’on ouvre et souvenirs que l’on referme, les trois amis traversent ensemble des moments d’une grande intensité © Grand Angle, 2026
Après L’Étreinte, album salué par le public, les auteurs souhaitaient retravailler ensemble. Sans scénario défini, Laurent Bonneau commence par dessiner des planches inspirées d’un voyage effectué avec des amis durant ses années étudiantes. En découvrant ces premières images, Jim imagine peu à peu l’histoire d’un trio confronté à la disparition du père de l’un d’eux.

Le traitement pictural de Laurent Bonneau, les nombreux gros plans sur les visages ainsi que le rythme volontairement lent de certaines scènes participent pleinement à l’émotion qui traverse l’album © Grand Angle, 2026
L’album s’est construit dans un véritable échange créatif entre le scénariste et le dessinateur. Laurent Bonneau a réalisé une grande partie des planches avant même que les dialogues soient entièrement écrits par Jim. Le résultat est remarquable. Les liens entre les trois garçons sont dépeints avec beaucoup de justesse. Les dialogues, les situations et les attitudes sonnent toujours vrais. Mais derrière cette apparente légèreté affleure une inquiétude plus profonde : celle de jeunes adultes confrontés à l’avenir qui s’ouvre devant eux.

Avec plus de 200 pages, cet album séduira aussi bien les amateurs de peinture et de littérature que les passionnés de bande dessinée © Grand Angle, 2026
Le dessin de Laurent Bonneau joue un rôle essentiel dans cette réussite, tout comme son implication dans la construction du récit. Son approche graphique est singulière. Chaque planche comporte peu de cases, et chacune d’elles ressemble à une toile peinte. Son traitement pictural, les nombreux gros plans sur les visages ainsi que le rythme volontairement lent de certaines scènes participent pleinement à l’émotion qui traverse l’album. Son dessin, réaliste sans être figé, joue avec les textures et les couleurs pour donner à la narration une vibration presque sensorielle.
Avec plus de 200 pages, cet album séduira aussi bien les amateurs de peinture et de littérature que les passionnés de bande dessinée.