Il fait chaud cet été ! La solution : piquer une tête dans l’eau ? Ce serait risquer d’y laisser sa tête à cause des sirènes de Junko Mizuno…
« Mon père passait son temps à me raconter ses histoires de bordels sous-marins mais je ne le croyais jamais… » Tura, Julie et Ai, trois sœurs mi-humaines, mi-poissons, attirent les marins en leur promettant plaisir et faveurs sexuelles. Une fois l’acte consommé, elles dévorent les imprudents lubriques. Elles espèrent ainsi venger leur mère assassinée pour ses écailles. Le sang coule à flot sous l’océan jusqu’au jour où Julie tombe amoureuse… d’un humain, issu du clan des tueurs de sirènes !

Junko Mizuno propose une analyse de la cruauté humaine, sur les mécanismes de la vengeance et, surtout, de la monstruosité des hommes © Mizuno Junko 2003
Roméo et Juliette sauce kawaï gore
Junko Mizuno fait son retour au catalogue des éditions Imho avec le troisième volet de ses adaptations de contes occidentaux (Cinderella et Hansel & Gretel) : La Petite Sirène, d’abord paru au Japon, en 2002, chez Bunkasha. Qui dit petite sirène, dit histoire d’amour, de renoncement… Mais, avec Junko Mizuno, il est aussi question de prostitution, de viols, d’opérations chirurgicales barbares et de dragons prédateurs sexuels ! Car Julie, la « petite sirène » anthropophage, tombe amoureuse de Suekichi, braconnier d’écailles. Pour le meilleur et pour le pire.

La Petite Sirène est aussi une pépite graphique, fidèle au style unique de l’autrice, mêlant pop culture japonaise des années 70 et 80, art fétichiste et LSD. Une fable aussi savoureuse que déroutante © Mizuno Junko 2003
Manger ou être mangé
Si Cinderella était plus proche du conte original, les deux adaptations suivantes s’émancipent de leur modèle. Junko Mizuno propose une analyse de la cruauté humaine, sur les mécanismes de la vengeance et, surtout, de la monstruosité des hommes. Là où les femmes sont de superbes créatures marines à moitié nues, les hommes sont dépeints comme des êtres cupides, grotesques et profondément prédateurs. À la fois critique sociale violente et conte cruel, La Petite Sirène est aussi une pépite graphique, fidèle au style unique de l’autrice, mêlant pop culture japonaise des années 70 et 80, art fétichiste et LSD. Une fable aussi savoureuse que déroutante.
Article publié dans ZOO Manga N°26 Juillet-Août 2026



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