ZOO

La glace part en morceaux

couverture de l'album La glace part en morceaux

Éditeur : Pow Pow

Auteur :

Prix : 27.00€

  • ZOO
    note Zoo4.5

    Scénario

    4.0

    Dessin

    5.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album La glace part en morceaux

Une femme mesure le vide qui l'habite pendant que son amour se rétablit au centre de désintoxication. Maintenant seule dans leur appartement, elle répète les gestes qu'elle a faits tant de fois, nuit après nuit. Elle fouille la poubelle et les fonds de poches de manteaux, cherche la voiture dans la rue, en quête d'indices qui lui prouveraient que l'autre – qui n'est pourtant plus là – aurait consommé de la drogue.
Elle se demande si, comme pour la débâcle au printemps, réussir à se détacher est quelque chose qui arrive subitement ou si cela se prépare longuement sous la surface.


La critique ZOO sur l'album La glace part en morceaux

Finaliste de trois grands prix québécois en 2026, La glace part en morceaux de Charlotte Gosselin est une œuvre forte et intense sur le lâcher prise et la reconstruction de soi mais aussi sur la dépendance et l’amour.

Suite au départ de son amour en centre de désintoxe, la narratrice se retrouve seule dans leur appartement et se confronte de plein fouet au vide qui l’habite désormais. Comment vivre sans cette personne qu’on veillait nuit et jour ? Elle se surprend à fouiller les poubelles, les poches des vestes ou la voiture, à la recherche d’autant d’indices qui pourraient lui prouver que l’autre a consommé. Comment se débarrasser de ses réflexes ? de ce sentiment d’inquiétude et d’alerte permanent. Comment réapprendre à vivre pour soi ? Est-ce que cela prend du temps, et combien de temps ? S’inquiètera-t-on toujours pour l’autre ?

La glace part en morceaux

La glace part en morceau est un très beau récit touchant et émouvant sur la reconstruction, mais c’est aussi l’histoire d’un amour qui s’effrite © Pow Pow, 2026

Dans ce récit intimiste à la première personne, les lecteurices sont immergé.es dans les pensées de la jeune fille soudain perdue face à cette solitude nouvelle. Tout au long du récit, l’autrice parle à son amour éloigné d’elle. Le récit se construit petit à petit à travers ses paroles, nous laissant assembler les morceaux pour reconstituer l’histoire de ce couple. La narratrice culpabilise, tente de reprendre pieds et de retrouver ses marques. Au final, de retrouver goût à la vie. L’attachement et la dépendance qui s’installent entre deux personnes d’un couple, mais aussi l’usure intime forte qui se crée parfois dans ces relations trop fusionnelles ou destructrices, sont ici mis en scène avec force et justesse.

La glace part en morceaux

Dans ce récit intimiste à la première personne, les lecteurices sont immergé.es dans les pensées de la jeune fille soudain perdue face à cette solitude nouvelle © Pow Pow, 2026

Les plans parfois distordus, les dessins au crayon à papier parfois estompés, raturés, l’absence de cadrage défini et de bulles délimitées nous font ressentir le tournis, le sentiment d’errance et la perte de repères que subit la narratrice. L’autrice a volontairement laissé ratures et corrections visibles : des mots sont barrés, des visages gommés puis redessinés, des lignes de fuite subsistent, bref l’univers graphique - très beau et très réussi - est à l’image de la narratrice, fouillis, effacé, en recherche de soi. Tout cela donne une impression de poésie visuelle, dans laquelle viennent s’insérer quelques vers ou strophes.

La glace part en morceau est un très beau récit touchant et émouvant sur la reconstruction, mais c’est aussi l’histoire d’un amour qui s’effrite. Effritement nécessaire pour survivre, pour retrouver une identité propre et pour ne pas se faire happer par le mal-être de l’autre.


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