ZOO

Montefiore

couverture de l'album Montefiore

Éditeur : Dargaud

Dessin : Pierre-Henry Gomont

Prix : 27.00€

  • ZOO
    note Zoo5.0

    Scénario

    5.0

    Dessin

    5.0
  • Lecteurs
    note lecteurs4.5
    1 note pour 0 critique

Le synopsis de l'album Montefiore

Andrea et Angelo, deux frères passionnés de chevaux, assistent à une course. Mais il ne s'agit pas de n'importe quelle course : c'est une de celles qu'on ne voit qu'en Italie, où les chevaux galopent dans d'étroites ruelles et sur des places bondées ; où les cavaliers montent à cru, s'empoignent, chutent, et, pour gagner, déploient autant de talent que de vice. Pour le vice, c'est Guido le meilleur.
Et les enfants ne sont pas peu fiers, parce que Guido, c'est leur oncle. Même si celui-ci rencontre ses neveux pour la première fois, même si son cousin Giorgio, le père des enfants, n'a de Montefiore que le nom, il les invite pour l'été dans l'élevage familial. En Italie, la famille, c'est sacré. Les enfants vont découvrir l'endroit où leur père a grandi, un monde duquel ils ont été soigneusement tenus à l'écart : un lieu immuable, chargé de souvenirs, où résonne encore l'écho d'anciennes querelles.
Il y a la tante Rina qui règne sur ce petit monde...

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La critique ZOO sur l'album Montefiore

Sous le soleil de l’Italie, deux adolescents découvrent les chevaux, la compétition et une famille dont ils avaient été éloignés. Pierre-Henry Gomont signe un récit initiatique sensible, où la fougue de la jeunesse se mêle aux blessures de la transmission.

En Italie, les deux frères Andrea et Angelo se rendent avec leurs amis au Palio, une course de chevaux organisée au cœur de la ville. Ils sont venus soutenir leur oncle Guido, qui réalise une course parfaite et remporte la victoire. Emportés par leurs copains qui souhaitent aller féliciter le vainqueur, les deux garçons se retrouvent près du podium. Mais Guido ne les reconnaît pas. Ils se présentent alors et il découvre qu’ils sont les fils de Giorgio, son cousin germain. Leur père ayant depuis longtemps coupé les ponts avec sa famille pour une raison qu’ils ignorent, les deux garçons ne connaissent pas cette branche de leur histoire familiale.

Guido, pourtant, les accueille chaleureusement. Il leur offre même sa coupe et les invite à venir passer quelque temps dans les écuries familiales afin de découvrir l’équitation.

Extrait de Montefiore

Extrait de Montefiore © Dargaud, 2026

Après de nombreuses hésitations, Giorgio finit par autoriser ses fils à se rendre dans la propriété familiale. Les deux garçons découvrent alors un univers dont ils ignoraient tout et font la connaissance de membres de leur famille. Ils vont rapidement se passionner pour cet été consacré aux chevaux, au milieu d’autres jeunes venus apprendre à monter. Tous rêvent de devenir jockeys professionnels. Andrea et Angelo, malgré leur inexpérience, progressent rapidement et bénéficient de la bienveillance de la famille, même si les relations entre ses différents membres restent parfois tendues et rugueuses.

Après sa magnifique trilogie russe Slava, Pierre-Henry Gomont revient avec un album plus intime, largement nourri par son expérience familiale. Écrit en hommage à ses deux fils, Montefiore délaisse en partie l’humour caustique qui traversait certains de ses précédents albums pour s'intéresser une nouvelle fois aux liens qui unissent les membres d’une même famille. Après Malaterre, qui abordait notamment son enfance et les rapports complexes avec son père, l’auteur poursuit ainsi son exploration des relations familiales, mais sous le soleil méditerranéen. Derrière les non-dits, les rancœurs et les vieilles histoires qui opposent les adultes, l’album s’intéresse surtout au regard de deux adolescents découvrant un monde qui leur était jusque-là inconnu : celui des chevaux et des courses.

Extrait de Montefiore

Extrait de Montefiore © Dargaud, 2026

Avec son trait nerveux et énergique, Pierre-Henry Gomontdessine les chevaux avec une remarquable aisance et c’est d’ailleurs l’une des grandes réussites de l’album. L’auteur s’attarde longuement sur les scènes équestres et notamment sur la relation qui se noue progressivement entre les jeunes garçons et un cheval en particulier qu’ils vont peu à peu apprivoiser. Son dessin donne une présence, une personnalité et presque une véritable intériorité aux chevaux. Leurs mouvements la vitesse des courses et l’énergie des cavaliers trouvent dans son trait une expression particulièrement convaincante. Les couleurs participent elles aussi pleinement à la réussite de l’album. Les teintes chaudes la lumière écrasante de l’été et les paysages toscans composent un décor lumineux qui contraste avec les tensions familiales. Cette lumière accompagne parfaitement le récit d’apprentissage que propose Gomont.

Une nouvelle fois, Pierre-Henry Gomont signe un très bel album, à la fois lumineux, énergique et profondément humain. Une histoire familiale qui laisse une large place à l’aventure et à la découverte, et qui confirme la singularité d’un auteur capable de faire du mouvement, de la couleur et de l’expressivité de son dessin de véritables outils de narration.


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