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UNderGRound

couverture de l'album UNderGRound

Éditeur : Casterman

Dessin : Suehiro MaruoAuteur : Traducteur : Miyako Slocombe

Collection : SAKKA SEINEN

Prix : 22.00€

  • ZOO
    note Zoo4.0

    Scénario

    4.0

    Dessin

    4.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album UNderGRound

A l'aube des mouvements contestataires qui vont ébranler le Japon à la fin des années 1960, Tokyo est la ville du miracle économique, lancée dans une course effrénée à la croissance et à la consommation. Mais à l'écart de l'effervescence et des néons, vit une jeunesse qui ne possède rien sinon des rêves. Là, certains s'imaginent révolutionnaires, d'autres se voient génies littéraires incompris. Là, c'est l'underground, le lieu de toutes les avant-gardes.
Suehiro Maruo a la satire féroce : à travers le regard d'un apprenti mangaka qui tire le diable par la queue, il règle ses comptes avec l'art engagé et la contreculture, en même temps qu'il rend compte du chaos d'une époque.


On n’est pas sérieux quand on a 17 ans

Le tout dernier manga du maître de l’ero-guro (érotique-grotesque) Suehiro Maruo arrive en France chez Casterman. Une porte d’entrée idéale dans l’œuvre d’un auteur majeur.

Les années 1960 sont l’âge d’or du régime conservateur japonais. L’économie du pays connaît une croissance fulgurante. Pourtant, la contestation gronde : les étudiants politisés se radicalisent et les artistes cherchent à briser les codes passés. Chacun aspire à un destin différent, qu’il soit révolutionnaire ou avant-gardiste. Mais il n’est pas donné à tout le monde de réaliser ses rêves.

Sachiko et Migeru ont quitté leur campagne pour la capitale, dans l’espoir d’une vie meilleure. Elle est serveuse, mais paie son loyer en échange de relations BDSM avec son propriétaire. La jeune femme callipyge au strabisme prononcé est la cible des désirs masculins mais aussi des demandes d’argent de sa mère restée dans le département de Saga. Lui, enchaîne les petits boulots sans succès en attendant de publier son premier manga. Avec sa petite taille et ses cheveux blanchis, il est comparé à « Kitaro le repoussant ». Comment survivre dans une société d’apparences, injuste et absurde ?

UNderGRound

Le tout dernier manga du maître de l’ero-guro (érotique-grotesque) Suehiro Maruo arrive en France chez Casterman. Une porte d’entrée idéale dans l’œuvre d’un auteur majeur © Maruo Suehiro / Enterbrain - 2021

« Tout le monde fait carrière, sauf moi… »

Prépublié au Japon entre 2021 et 2023 dans la revue mensuelle Comic Beam d’Enterbrain/Kadokawa, ce manga est un épais one-shot destiné à un public averti. Il s’agit de la dernière parution à ce jour de Suehiro Maruo, artiste autodidacte et figure atypique de la scène manga. À 17 ans, après avoir été licencié de plusieurs petits jobs, il se voit refuser ses premières histoires pour la jeunesse par le Weekly Shōnen Jump de Shueisha. En 1980, il est enfin publié dans… un magazine pornographique. Suehiro Maruo se consacre alors exclusivement à l’ero-guro, un genre mêlant absurde, pulsions sexuelles extrêmes et violence.

UNderGRound

Prépublié au Japon entre 2021 et 2023 dans la revue mensuelle Comic Beam d’Enterbrain/Kadokawa, ce manga est un épais one-shot destiné à un public averti © Maruo Suehiro / Enterbrain - 2021

L’auteur travaillera ensuite pour la revue Garo, spécialisée dans l’underground et les œuvres d’avant-garde dérangeantes. Son œuvre arrive pour la première fois en France aux éditions du Lézard noir, dans les années 2000, avec Lunatic Lovers, Yume no Q-saku, Vampyre ou encore La Chenille, retenu dans la sélection du Festival d’Angoulême en 2011. Son Tomino la maudite remporte le prix Asie ACBD en 2021 et l’auteur rejoint le catalogue Casterman avec L’Île panorama et L’Enfer en bouteille.

« Son esthétique raffinée contraste avec la noirceur des horreurs qu'il représente »

Supplice d’artistes

UNderGRound reprend des thèmes chers à l’auteur : les « monstres », le surréalisme, inspiré des dessins de Max Ernst et de Yoshitoshi, ainsi que du cinéma de Buñuel ou de Clouzot. Mais il se démarque aussi par son aspect autofictionnel et sociologique. Le personnage de Migeru connaît les mêmes débuts difficiles dans le manga que l’auteur : un parallèle autobiographique troublant.

UNderGRound

Le personnage de Migeru connaît les mêmes débuts difficiles dans le manga que l’auteur : un parallèle autobiographique troublant © Maruo Suehiro / Enterbrain - 2021

À travers le regard de cet apprenti mangaka déçu, Suehiro Maruo se moque de l’underground japonais, de son snobisme et du narcissisme d’artistes qui se rêvent en génies littéraires incompris. Le personnage de Mick Jaggater (Mick Jagger ?) incarne les espoirs et échecs de cet avant-gardisme aussi prometteur qu’illusoire. Le récit s’apparente à un rêve fiévreux, entremêlant souvenirs, hallucinations (notamment du yôkai Konaki-jiji, « le vieillard qui pleure comme un nourrisson ») et réalité. Les personnages sont ballotés entre violences sexuelles, injustice et échec. L’unique porte de sortie semble être celle de la violence…

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À travers le regard de cet apprenti mangaka déçu, Suehiro Maruo se moque de l’underground japonais, de son snobisme et du narcissisme d’artistes qui se rêvent en génies littéraires incompris © Maruo Suehiro / Enterbrain - 2021

Suehiro Maruo est un maître de l’ero-guro, tant pour sa narration très cinématographique que pour son trait d’une grande finesse. Son esthétique raffinée contraste avec la noirceur des horreurs qu’il représente, créant une tension permanente entre beauté et abomination. Une plongée déroutante dans l’érotisme-grotesque japonais.

Article publié dans ZOO Manga N°27 Septembre-Octobre 2026

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