ZOO

Undark - T2

couverture de l'album

Série : UndarkTome : 2/2Éditeur : Vega

Auteur :

Prix : 8.35€

  • ZOO
    note Zoo4.0

    Scénario

    4.0

    Dessin

    4.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album

Accompagnée d’Enami et de Jin, ses nouveaux alliés rencontrés à Kabukichô, An tente d’entrer en contact avec Kanapi, la femme qu’ils ont aperçue près de l’incendie, dans l’espoir que, en suivant sa trace, elle puisse remonter jusqu’à sa sœur. Dans le même temps, Jin tient à faire plusieurs tests afin de découvrir l’étendue des pouvoirs d’Enami et d’An, une initiative qui lui permet d’en savoir plus sur elles… mais qui va leur permettre à elles aussi de mieux connaître et maîtriser leurs nouvelles capacités?!


Le privilège de faire le bien

Parcours parallèles, destins croisés, racines empoisonnées : le déterminisme du mal naît de la souffrance et de l’impuissance.

An recherche sa grande sœur Maria avec persévérance, malgré des pistes quasiment inexistantes. Dernier membre de sa famille, celle-ci a disparu un beau jour après avoir commis un atroce massacre sanguinolent. Les circonstances de celui-ci sont on ne peut plus inhabituelles car il fut exécuté à l’aide de pouvoirs parapsychiques acquis peu de temps auparavant. Éveillés au même moment, lors de l’explosion d’un corps céleste lointain qui pourrait avoir affecté l’impact sur la planète entière, ceux d’An lui servent surtout dans son quotidien. La cadette n’a, en effet, aucune raison d’insuffler une quelconque violence dans sa télékinésie car, malgré une vie faite de privations, de pauvreté et de famine, la joyeuse jeune fille est protégée des turpitudes du monde grâce au labeur incessant de sa frangine. Elle ne sait malheureusement pas ce que ce « job à temps partiel » qui l’accapare tant signifie réellement et de combien il alourdit sa dette psychologique.

Extrait du T.1 de Undark

Extrait du T.1 de Undark © AKILI ©2026 AKILI / SHOGAKUKAN

Moins de peur que de mal

Maria, en secret et par pure nécessité, vend son corps pour faire vivre, sans rien révéler de son chemin de croix, le petit foyer à elle toute seule. Meurtrie et éreintée, ses nouvelles capacités semblent la solution logique à son calvaire. La mort n’est-elle pas une juste rétribution pour ces infâmes exploiteurs ? Laissée pour compte, An n’est pourtant rapidement plus seule. Sa rencontre avec un singulier duo de personnes qui enquêtent sur l’apparition de ce genre de pouvoirs peut l’aider à y voir plus clair sur ce qui, pour les lecteurs et lectrices, ressemble bien à un pèlerinage de vengeance de la part de son adelphe en cavale.

Œil pour œil

Les récits les plus classiques peinent parfois à accorder un sens à la vilenie. Le mal est absolu, sa pensée noyée dans les ténèbres et les ennemis ne sont utiles que comme obstacles. On ne peut se servir éternellement des envies de domination mondiale sans que le plat sente un peu le réchauffé. Undark, en revanche, prend le chemin très clair du traumatisme et de la violence subie comme carburants des réflexions et aux actions néfastes qu’elle met en branle. Le mal pour le mal n’existe pas dans un monde qui arrache systématiquement tout bonheur à sa racine. Ainsi, à la pseudo-naïveté du quotidien paranormal d’An s’oppose la noirceur fondamentale d’une espèce humaine dont les réflexes sont tout autres. Aucune poésie dans ces pouvoirs lorsqu’ils naissent de vies misérables et dans des coquilles brisées.

Undark

Undark © AKILI ©2026 AKILI / SHOGAKUKAN

« Dans Undark, le mal ne naît jamais de nulle part : il est l'héritage de la souffrance »

Sur fond de violences réelles

La répartition des personnages révèle également une réalité tragiquement concrète qui pousse la série dans ses retranchements moraux. Si la crainte d’usages guerriers internationaux de ces tout récents pouvoirs paranormaux paraît bel et bien pertinente, c’est toutefois un groupe de femmes violentées vengeresses qui multiplie les actes de terrorisme qui prend la place d’antagoniste principal. Toutes celles que la série nous présente furent fracassées par des formes de violences féminicides commises par des hommes du commun qui se sentent intouchables. Quelle empathie leur accorder alors ? Ce sera à An de trouver cette réponse.

Undark

Undark © AKILI ©2026 AKILI / SHOGAKUKAN

La série peut prendre de nombreuses routes et l’auteur de Vampeerz nous laisse en entrevoir quelques-unes. Un polar qui s’intensifie à mesure que se découvrent des adversaires implacables qui jouxtent la folie ? Un récit super-héroïque jovial d’étude télékinésique ? Et quid d’insuffler à nouveau de la magie dans les relations interpersonnelles, malgré tout ? Quelles que soient les proportions accordées à ces problématiques, la série ne semble pas vouloir perdre de son entrain et enrobe ses lourds thèmes de la vaillance énergique et positive d’An, visiblement intarissable.

Article publié dans ZOO Manga N°27 Septembre-Octobre 2026

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