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Portraits de Persil

couverture de l'album Portraits de Persil

Éditeur : Glénat BD

Dessin : Saïd SassineAuteur :

Collection : Hors Collection

Prix : 25.00€

  • ZOO
    note Zoo3.5

    Scénario

    3.5

    Dessin

    4.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le portrait de Dorian Green

Dans le nouvel album de Jean-Christophe Deveney et Saïd Sassine, une jeune artiste-peintre tente de faire le portrait de son amant végétal, un centaure symbole de la puissance de la nature. Écologiste, dérangeant, féministe…

« Prenez garde, ces bois sont immenses et anciens. Certains se sont déjà égarés à trop les fréquenter. » Apollina Degarel, alias Lina, est une artiste-peintre du Second Empire. Une époque où être une femme en instance de divorce n’est pas des plus aisés. Pour fuir son mari, Lina s’installe loin de la capitale, dans le domaine de son amie Miss Wincott, au milieu d’une forêt pluriséculaire. Un soir de tempête, la jeune femme rencontre Persil, un centaure incarnant les forces de la nature. Lina est irrésistiblement attirée par la créature. À mesure que leur relation évolue, la jeune femme renoue avec son désir et son inspiration artistique ; Persil, lui, découvre des émotions humaines : manque, affection, mais aussi jalousie, violence et destruction…

Portraits de Persil

Dans le nouvel album de Jean-Christophe Deveney et Saïd Sassine, une jeune artiste-peintre tente de faire le portrait de son amant végétal, un centaure symbole de la puissance de la nature. Écologiste, dérangeant, féministe… © Glénat, 2026

Suave sève

Le scénariste Jean-Christophe Deveney (Soli Deo Gloria) a repris le concept de son dessinateur Saïd Sassine (Wakfu) : une jeune peintre qui, grâce à sa romance avec un être forestier, réinvente son art. Les deux auteurs interrogent la fascination de l’être humain, et particulièrement de l’artiste, pour la nature. Une nature à l’essence insaisissable, aussi menacée que menaçante. Au-delà du sous-texte écologique, Persil incarne à la fois la muse de Lina et une force mystique implacable. Si le centaure aide la jeune femme sur le chemin de l’émancipation et du désir retrouvé, il reste également une figure masculine capable d’abus. Malgré cela, Lina s’accomplit au fil de l’album en tant que femme et en tant qu’artiste.

Portraits de Persil

Cette atmosphère hybride doit beaucoup au trait de Saïd Sassine qui emprunte autant aux codes de la bande dessinée franco-belge qu’au manga © Glénat, 2026

L’ambiance de l’album rappelle tout à la fois La forme de l’eau de Guillermo del Toro, Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki et le romantisme noir d’Edgar Allan Poe. Cette atmosphère hybride doit beaucoup au trait de Saïd Sassine qui emprunte autant aux codes de la bande dessinée franco-belge qu’au manga. Ses couleurs tranchées jaillissent des planches au gaufrier noir, plongeant le lecteur dans un conte de plus en plus horrifique. Au fil des pages, body horror et sécrétions végétales s’entremêlent. L’issue de l’album pourrait être ainsi résumée par Lina : « Nous nous sommes changés l’un et l’autre, pour le meilleur comme pour le pire. » Une dark romance végétale aussi troublante que fascinante.

Article publié dans ZOO Le Mag N°111 Septembre-Octobre 2026


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