Dans Les Oliviers du Négus, nouvelle parue en 2011, Laurent Gaudé raconte l’histoire tragique de Zio Négus, entraîné dans la folie du fascisme mussolinien. David Prudhomme s’empare de ce texte et le sublime par la force de son adaptation et la puissance de son dessin.
Zio Négus, vieil Italien de Peschici, petit village baigné par la mer Adriatique au cœur des Pouilles, a vécu l’horreur des combats en Éthiopie dans les années 1930. Depuis, il est revenu traumatisé et crache par terre à chaque fois que quelqu’un prononce devant lui le surnom du « Duce », le dictateur fasciste Mussolini, qui a plongé la Botte dans la peste brune. Quand Zio est revenu de l’enfer et a appris, presque par hasard, que Valentina, sa promise, avait été mariée par son père à un autre, la folie l’a définitivement gagné.

Dans Les Oliviers du Négus, nouvelle parue en 2011, Laurent Gaudé raconte l’histoire tragique de Zio Négus, entraîné dans la folie du fascisme mussolinien © Actes Sud, 2026
Sur les traces de Frédéric II, dans une abbaye, il a choisi un exil peu commun à deux pas de chez lui, avant d’être arrêté et emprisonné. Puis de revenir, lui, le fou du village devenu communiste. C’est cette histoire que nous conte le narrateur des Oliviers du Négus. Ce récit, il le construit autour du pèlerinage qu’il entreprend lorsqu’il retourne sur cette terre aride où poussent les oliviers, après la mort de Zio.

Au fil de cette épaisse bande dessinée, le lecteur est bouleversé par la tristesse du destin de Zio et la beauté des paysages qui servent d’écrin à son drame existentiel © Actes Sud, 2026
David Prudhomme (Ninon secrète, Du bruit dans le ciel, Rébétiko, Rebetissa…) s’empare avec force et sensibilité de la nouvelle de Laurent Gaudé, parue en 2011. C’est peu de dire qu’il la sublime par son graphisme poétique, ses couleurs chaleureuses et son approche délicate. Au fil de cette épaisse bande dessinée, le lecteur est bouleversé par la tristesse du destin de Zio et la beauté des paysages qui servent d’écrin à son drame existentiel. Un bijou littéraire et graphique.
Article publié dans ZOO Le Mag N°111 Septembre-Octobre 2026