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Figures imposées

couverture de l'album Figures imposées

Éditeur : Dargaud

Dessin : Cristina BuenoAuteur :

Collection : INTERMEZZO

Prix : 10.00€

  • ZOO
    note Zoo3.0

    Scénario

    2.0

    Dessin

    4.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album Figures imposées

Marilou est une jeune femme de son époque enfin, d'une époque charnière, juste avant que Me Too ne vienne fissurer la façade. Elle lit, elle s'informe, elle se forge une conscience féministe. Mais autour d'elle, l'ordre social tient bon : plaire reste une injonction, presque une compétence attendue. Ce week-end, elle quitte le baby-sitting, cette économie discrète qui repose si bien sur les étudiantes, pour endosser un autre uniforme : celui d'hôtesse d'accueil.
Direction la demeure de la Veuve Rousseau, où l'on célèbre les 250 ans d'un champagne de prestige. Une femme comme figure de marque, une pionnière érigée en symbole. Mais ce n'est pas parce que les bouteilles affichent le nom de cette féministe avant l'heure que la soirée échappera aux vieux réflexes. Car sous le vernis, la trame est solide. Derrière l'hommage, les hiérarchies persistent. Les femmes servent, accueillent, sourient ; les hommes circulent, consomment, disposent.
Rien n'est gagné,...

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La critique ZOO sur l'album Figures imposées

Dargaud inaugure sa nouvelle collection Intermezzo avec une histoire courte qui s’intéresse au sexisme ordinaire et aux rapports de pouvoir. Un premier album intéressant, dont le format volontairement resserré constitue à la fois la force et la limite.

L’éditeur, probablement inspiré par le principe des mini-séries télévisées et désireux de proposer une réponse à l’inflation du prix des livres, mise sur des albums de petit format, limités à 32 pages et proposés au prix de 10 euros. Figures imposées, de Marzena Sowa et Cristina Bueno, inaugure cette collection.

Figures imposées

Dargaud inaugure sa nouvelle collection Intermezzo avec une histoire courte qui s’intéresse au sexisme ordinaire et aux rapports de pouvoir © Dargaud, 2026

L’histoire se déroule dans un grand château, lors d’une soirée organisée par les champagnes Veuve Rousseau. Marilou, qui vit en colocation et peine à joindre les deux bouts en gardant des enfants, vient de rejoindre une agence d’hôtesses d’accueil. Pour sa première mission, elle fait la connaissance de plusieurs jeunes femmes qui exercent ce métier afin de financer leurs études. Le groupe sympathise rapidement avant de prendre en charge les invités. Mais derrière l’apparente convivialité de la réception, certaines sont bientôt confrontées aux avances insistantes de plusieurs salariés de la maison de champagne.

Le sujet de l’album rappelle quelque peu celui de Sybilline, chroniques d’une escort girl de Sixtine Dano, mais le traitement est ici beaucoup moins développé. Là où Dano prenait le temps d’approfondir son récit et de faire comprendre la psychologie de ses personnages, Marzena Sowa doit, avec seulement 32 pages, traiter un sujet qui aurait mérité davantage d’espace. Elle décrit les situations et les comportements, mais sans véritablement entrer dans la psychologie de ses personnages. Le lecteur comprend le propos, mais reste à distance des jeunes femmes et de ce qu’elles ressentent. C’est dommage, car le sujet offrait matière à un récit plus profond.

Figures imposées

L’éditeur, probablement inspiré par le principe des mini-séries télévisées et désireux de proposer une réponse à l’inflation du prix des livres, mise sur des albums de petit format, limités à 32 pages et proposés au prix de 10 euros © Dargaud, 2026

Le dessin de Cristina Bueno apporte beaucoup de fraîcheur à l’ensemble et évoque par moments les illustrations des albums jeunesse. Son trait met en évidence la naïveté et la jeunesse des protagonistes. Toutefois, ce style paraît moins adapté aux scènes les plus dures de l’album, qui perdent alors une partie de leur force et prennent parfois l’allure de gentilles saynètes. Le découpage reste classique, avec trois bandes par page, et les cases semblent avoir été dessinées dans un format plus grand avant d’être adaptées au petit format de publication. Cela ne nuit toutefois pas à la lisibilité.

Figures imposées constitue donc une première expérience intéressante pour cette nouvelle collection. Mais le choix du format court montre ici ses limites : le sujet abordé est trop sérieux et complexe pour être véritablement développé en seulement 32 pages. L’album expose une situation intéressante, mais aurait gagné à prendre davantage le temps d’explorer ses personnages et leur psychologie.



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