Robinson propose une nouvelle édition de Pierre de cristal (2017) avec un autre titre, dans un grand format cartonné. Et, pour l’occasion, Frantz Duchazeau a redessiné une partie des planches de cette réflexion douce-amère sur l’enfance et le temps qui passe.
Pierre observe les insectes, joue au papa et à la maman, lit Rahan… Il aimerait que rien ne change dans son quotidien de petit garçon des années 1970, pourtant il voit bien que ses parents ne s’entendent plus aussi bien qu’avant… Ils rechignent même à se prendre la main quand il les photographie… Alors, pendant son séjour chez ses grands-parents à la campagne, il s’interroge avec sa cousine Cécile : « Tu crois qu’on peut figer le temps ? Tout arrêter. Comme une photo qui arrête un moment. » « Tu parles comme un grand des fois… »

Robinson propose une nouvelle édition de Pierre de cristal (2017) avec un autre titre, dans un grand format cartonné © Hachette Livre, 2026
Madeleine de pierre
Frantz Duchazeau (Les derniers jours de Robert Johnson, Bascoulard) signe une autofiction sur la nostalgie de l’enfance. Avec beaucoup de poésie, il retrouve les émotions de l’enfance : l’insouciance, la découverte, mais aussi l’inquiétude et l’incompréhension. L’auteur prête à son jeune héros des réflexions d’adulte sur le fait de grandir et d’assister, impuissant, à la course folle du temps. La question de la « finitude » est au cœur de L’Âge de cristal. Pierre tente de fixer sur sa pellicule des sensations éphémères : les reflets du soleil à travers les nuages, le sourire de sa cousine, les adieux à travers la vitre arrière de la voiture… L’appareil photo du petit garçon échoue à retenir ces instants, mais les souvenirs de l’adulte, eux, demeurent.

Frantz Duchazeau a redessiné une partie des planches de cette réflexion douce-amère sur l’enfance et le temps qui passe © Hachette Livre, 2026
Le changement de titre de cette nouvelle édition met l’accent sur « L’Âge de cristal » (Logan’s Run, en anglais), série télévisée américaine. Dans celle-ci, le Conseil des Anciens de la Cité des Dômes régule sa population en sacrifiant toute personne atteignant les 30 ans. L’âge fatidique est symbolisé par le changement de couleurs du cristal magique (un joyau porté autour du cou) de chaque habitant. Pierre fait le parallèle entre la série et son quotidien : le quartz offert par son père devient « sa petite pierre de soleil », un grigri qui porte en lui le compte à rebours de l’enfance. Tout au long de l’album, des instantanés contemplatifs se succèdent jusqu’à la chute finale, abrupte et surprenante.

Le changement de titre de cette nouvelle édition met l’accent sur « L’Âge de cristal » (Logan’s Run, en anglais), série télévisée américaine © Hachette Livre, 2026
Le dessin de Frantz Duchazeau, en noir et blanc, suggère plus qu’il ne montre. Peu chargé en décors, il reste d’une grande expressivité et nourrit parfaitement le sentiment de nostalgie. « Mon père dit, quand on est enfant, on ne sait pas ce qu’on vit. On vit, c’est tout. Une fois adulte, on repense à son enfance avec tant de bonheur… parfois même, ça fait du mal… »
Article publié dans ZOO Le Mag N°111 Septembre-Octobre 2026