En reprenant les grands ingrédients de la fantasy pour mieux les détourner avec une malice potache, Masbou signe un récit aussi divertissant qu’éblouissant visuellement, portés par son talent de dessinateur et la complicité d’Alain Ayroles.
Une nouvelle série signée Masbou et Ayroles, comme le mythique De cape et de crocs, c’est un événement ! Cette fois, la répartition des rôles est différente : le scénario comme le dessin sont de Jean-Luc Masbou, Alain Ayroles l’a accompagné au storyboard et aux dialogues.
L’histoire parlera aux amateurs de jeux de rôles, comme Donjons & Dragons. On y découvre, entre autres protagonistes, un orque considéré comme un moins-que-rien (le racisme anti-orque, on n’en parle pas assez), une demi-elfe, un nain de roche et deux voleurs, un grand et un petit. Une communauté sans anneau se forme ainsi, faite de bric et de broc.

En reprenant les grands ingrédients de la fantasy pour mieux les détourner avec une malice potache, Masbou signe un récit aussi divertissant qu’éblouissant visuellement, portés par son talent de dessinateur et la complicité d’Alain Ayroles © Éditions Delcourt, 2026 - Masbou, Ayroles
Au-delà des codes incontournables du genre, Masbou glisse de nombreuses références malicieuses, mêlées à un humour beaucoup plus direct. On croise ainsi des nains du métal dont le chant rappelle furieusement Antisocial de Trust. Un humour oscillant entre Astérix et Lanfeust joue avec le contraste entre le dialogue et l’image : « C’est un tournoi amical », pour ce qui ressemble à une baston sans merci. Les réparties fusent. « Demi-elfe, demi-nuit » … Cahin-caha, l’ensemble tient plutôt bien la route qu’emprunte la petite troupe en quête d’un trésor bien gardé.
Graphiquement, les personnages sont volontiers grotesques, arborant le masque de la farce. En contrepied de ces trognes, les décors sont de petits bijoux, à la ville comme à la campagne. On peut même dire que les paysages sont fabuleux, sublimés par la palette de couleurs de Masbou.

Au-delà des codes incontournables du genre, Masbou glisse de nombreuses références malicieuses, mêlées à un humour beaucoup plus direct © Éditions Delcourt, 2026 - Masbou, Ayroles
Il est encore trop tôt pour juger de la direction que prendra l’intrigue : au moment où nous écrivons ces lignes, seules les 32 premières planches de ce premier tome nous ont été communiquées.
Article publié dans ZOO Le Mag N°111 Septembre-Octobre 2026