Julien Chevalier a 50 ans. Il vit au Cap Ferret, entre une maison dans la pinède et un cabanon face à l'océan. Il tient un restaurant, La Passante, avec Valéria, femme libre et solaire qui tente de l'ancrer dans le présent. Il s'est éloigné du fracas des armes et des alliances dangereuses qui ont marqué sa jeunesse à Bordeaux. Alors qu'il pensait avoir trouvé son refuge ultime sur ce dernier rivage, le passé revient le hanter.
L'inspecteur Baroy, ancien compagnon de route et ex-policier, vient lui apprendre la mort du fils d'Alphonse Sebastiani. Un nom qui rouvre des blessures anciennes. Un autre surgit aussitôt : Anbach. Et surtout celui de Rosemarie, l'amour de sa vie, morte à 27 ans. Le récit alterne alors entre présent et passé. Le massacre du garage de l'Orient. Les interrogatoires humiliants menés par le commissaire Angely.
Les luttes d'influence entre familles criminelles. La vengeance froide. L'enfant à naître. La promesse d'un avenir qui ne sera...

Le Dernier rivage

Jean-Michel Arroyo, Jean Dufaux
Éditeur : Editions Anspach
Dessin : Jean-Michel ArroyoAuteur : Jean Dufaux
Collection : BD ANSPACH
Prix : 22.00€
- ZOO
4.0
Scénario
4.0
Dessin
4.0

- Lecteurs0 critique
Le synopsis de l'album Le Dernier rivage
La critique ZOO sur l'album Le Dernier rivage
On peut quitter le milieu, mais peut-on vraiment échapper à son passé ? C’est toute la question au cœur de Le Dernier Rivage, nouveau polar noir de Jean Dufaux et Jean-Michel Arroyo.
Au Cap Ferret, Julien Chevalier semble avoir définitivement tourné la page. À 50 ans, cet ancien homme du milieu mène une existence tranquille dans un cabanon au bord de la plage et tient un restaurant où travaille Valeria, sa compagne. Loin de la violence et des règlements de comptes de sa jeunesse, Julien pourrait enfin profiter d’une vie apaisée. Mais certains passés refusent de disparaître.
Tout bascule lorsqu’un vieil ami, l’inspecteur Baroy, vient déjeuner au restaurant et lui annonce la mort du fils Sebastiani. Un simple nom suffit à faire voler en éclats les certitudes de Julien. Les souvenirs ressurgissent : les rivalités entre familles criminelles, le massacre du garage de l’Orient, les interrogatoires du commissaire Angely et, surtout, Rosemarie, son amour de jeunesse morte à seulement 27 ans.

On peut quitter le milieu, mais peut-on vraiment échapper à son passé ? C’est toute la question au cœur de Le Dernier Rivage, nouveau polar noir de Jean Dufaux et Jean-Michel Arroyo © Anspach, 2026
Jean Dufaux construit son récit sur ce va-et-vient permanent entre passé et présent. Plutôt que de livrer toutes les clés immédiatement, le scénariste laisse les pièces du puzzle apparaître progressivement. Le lecteur découvre ainsi l’histoire de Julien au même rythme que celui-ci voit ses vieux démons refaire surface. Une construction volontairement dense, qui demande parfois un peu d’attention tant les personnages, les noms et les événements sont nombreux, mais qui participe pleinement à l’atmosphère de l’album.
Car Le Dernier Rivage est avant tout une histoire de personnages. Jean Dufaux retrouve ici un de ses thèmes de prédilection : ces hommes et ces femmes prisonniers de leurs choix, incapables de se débarrasser complètement de ce qu’ils ont été. Julien est un ancien gangster, mais il n’est pas réduit à cette image. Derrière la violence se cache un homme marqué par ses blessures et profondément attaché à ceux qui l’entourent. Sa relation avec son fils Christian, comme ses rapports avec les femmes de sa vie et ses anciens compagnons, révèle progressivement une personnalité plus fragile qu’il n’y paraît.

Jean Dufaux retrouve ici un de ses thèmes de prédilection : ces hommes et ces femmes prisonniers de leurs choix, incapables de se débarrasser complètement de ce qu’ils ont été © Anspach, 2026
L’impression de passé qui ressurgit est magnifiquement renforcée par le dessin de Jean-Michel Arroyo. Son trait réaliste colle parfaitement à l’univers du polar noir. Le travail au lavis donne aux planches une tonalité presque crépusculaire, comme si le monde de Julien était constamment plongé dans une lumière de fin de journée. Un choix particulièrement intéressant lorsque l’on sait que l’intrigue se déroule au Cap Ferret, territoire habituellement associé à la lumière, aux vacances et à une certaine douceur de vivre. Arroyo joue également avec des cadrages dynamiques et un découpage efficace lorsqu’il s’agit de mettre en scène les affrontements et les scènes d’action. La violence devient alors physique, immédiate, presque palpable, sans jamais faire perdre au récit son caractère cinématographique.
Avec Le Dernier Rivage, Jean Dufaux et Jean-Michel Arroyo proposent donc un polar noir où les règlements de comptes ne sont finalement que la partie visible d’une histoire beaucoup plus intime. Celle d’un homme qui voudrait oublier, mais dont chaque rencontre, chaque nom et chaque souvenir lui rappellent que l’on ne s’affranchit jamais complètement de son passé.
Une BD sombre, élégante et mélancolique, qui parle finalement moins de la possibilité de fuir que de l'impossibilité d'oublier.
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