ZOO

Y a d'la joie

couverture de l'album Y a d'la joie

Éditeur : La Pastèque

Auteur :

Prix : 22.00€

  • ZOO
    note Zoo4.5

    Scénario

    5.0

    Dessin

    4.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album Y a d'la joie

Y a d'la joie se déploie sur deux journées, au fil desquelles Paul observe ce qui l'entoure et laisse affleurer ses pensées, ses souvenirs et les rencontres qui ponctuent son quotidien. Le livre avance par fragments : un exercice au piano, une marche dans le quartier, un passage au café, un trajet en métro, un souvenir d'enfance. On y croise le passage du temps, le rapport à la création, aux parents disparus, aux objets accumulés, à la musique, à la nature.
L'actualité est présente, mais malgré ce bruit de fond, ce qui importe, ce sont les petits gestes, les routines, les moments d'attention qui permettent de rester debout...


La critique ZOO sur l'album Y a d'la joie

Michel Rabagliati nous offre un nouvel épisode de la vie de Paul, son alter ego dessiné. Cette fois, l’auteur délaisse la bande dessinée pour proposer un livre illustré, plus contemplatif et intimiste.

Paul a désormais dépassé la soixantaine et porte un regard attentif sur le monde qui l’entoure. Séparé de sa compagne, il vit dans une certaine solitude, tandis que sa fille, désormais adulte, fait sa vie. Au fil des pages, il revient sur son parcours. Encouragé par son père typographe, il s’oriente d’abord vers ce métier avant de bifurquer progressivement vers l’illustration. Après plusieurs années consacrées au dessin pour la presse et la publicité, il finit par se tourner vers la bande dessinée, domaine dans lequel il trouve véritablement son épanouissement.

Cet homme solitaire, amoureux du dessin et de la musique de Bach, nous fait découvrir Montréal à travers son regard. Des murs couverts de graffitis qui l’agacent à son café favori, de la papeterie qu’il affectionne à ses promenades dans le parc du Mont-Royal, le lecteur arpente la ville à ses côtés et partage peu à peu ses émotions, ses souvenirs et ses réflexions.

Y a d'la joie

Michel Rabagliati nous offre un nouvel épisode de la vie de Paul, son alter ego dessiné. Cette fois, l’auteur délaisse la bande dessinée pour proposer un livre illustré, plus contemplatif et intimiste © La Pastèque, 2026

Michel Rabagliati possède une plume sensible, précise et pleine de justesse. Son écriture parvient à transmettre des émotions sans jamais forcer le trait. On ressent avec Paul le temps qui passe et le décalage qui s’installe progressivement entre lui et une époque qui change. Cet homme, qui a toujours vécu un peu en marge de la société, se retrouve doucement distancé par les nouvelles habitudes, les nouvelles tendances et un monde qui semble s’accélérer autour de lui.

L’auteur choisit de s’attarder sur les petites choses du quotidien, mais derrière ces scènes en apparence anodines, il nous fait entrer dans les pensées de son personnage. Paul semble d’ailleurs si proche de son créateur qu’il devient parfois difficile de distinguer ce qui relève de l’autobiographie et ce qui appartient à la fiction. Le tout est raconté avec beaucoup de finesse, avec cette petite touche d’accent québécois qui apporte encore davantage de charme au récit et devrait ravir les lecteurs européens.

Y a d'la joie

L’auteur choisit de s’attarder sur les petites choses du quotidien, mais derrière ces scènes en apparence anodines, il nous fait entrer dans les pensées de son personnage © La Pastèque, 2026

Les illustrations accompagnent parfaitement le texte. Réalisées au crayon à papier dans un style très classique, elles possèdent une élégance presque désuète. Leur apparente simplicité, loin des outils numériques et de la précision froide que peut offrir aujourd’hui la tablette graphique, contribue justement à installer une atmosphère particulière. Les dessins ne se contentent pas d’illustrer le propos : ils lui donnent de la profondeur et nous permettent, eux aussi, de découvrir Montréal à travers les yeux d’un homme qui entre dans la vieillesse.

Et malgré un titre qui évoque la joie, une certaine mélancolie accompagne le lecteur tout au long de sa promenade. Une mélancolie douce, jamais pesante, née des souvenirs, du temps qui s’échappe et de la conscience que le monde change plus vite que nous.

Un livre nostalgique et contemplatif, tout en finesse et en délicatesse, qui offre une belle parenthèse pour cette rentrée.


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