ZOO

This is London Calling

couverture de l'album This is London Calling

Éditeur : Glénat BD

Dessin : Alex MachAuteur :

Collection : 24x32

Prix : 26.00€

  • ZOO
    note Zoo4.0

    Scénario

    3.5

    Dessin

    4.5
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

La critique ZOO sur l'album This is London Calling

Entre cirque, aviation et Seconde Guerre mondiale, Louise va devoir prendre son destin en main. Caryl Férey et Alex Mach livrent un récit d’aventure efficace, généreux et spectaculaire.

Louise n’est pas vraiment du genre à attendre qu’on lui dise ce qu’elle peut faire. Orpheline de mère et élevée dans le cirque de son père, elle rêve, en 1936, de devenir aviatrice. Son modèle ? Jean Mermoz. Rien que ça. Le problème, c’est que les rêves coûtent cher et que le cirque familial peine déjà à joindre les deux bouts. Pas question donc de multiplier les heures de vol.

Qu’à cela ne tienne : Louise apprend la mécanique chez un garagiste. Elle grimpe également au trapèze, porte les cheveux courts, s’habille en pantalons et n’hésite pas à affronter au bras de fer les gros bras qui auraient la mauvaise idée de la sous-estimer. Bref, Louise n’a pas attendu le XXIe siècle pour envoyer valser les clichés sur les femmes.

Extrait de This is London Calling

Extrait de This is London Calling © Glénat, 2026

Pendant ce temps, en Angleterre, Matt et Jeff, deux amis, s’affrontent sur la Tamise sous les couleurs respectives d’Oxford et de Cambridge. Amelia, leur amie et camarade d’études, complète ce trio qui prendra une tout autre dimension lorsque la guerre viendra bouleverser leurs existences.

Car évidemment, la guerre finit par arriver. Louise doit fuir lorsque son père choisit de rester jusqu’au bout auprès de ses animaux. Direction l’Angleterre et les troupes du Général de Gaulle. Son objectif n’a pas changé : elle veut voler, combattre et défendre son pays. Pour y parvenir, elle devra cependant se faire passer pour un homme.

Sur le papier, This Is London Calling coche beaucoup de cases du grand récit d’aventure historique : guerre, avions, héros, amour, vengeance et identité secrète. Caryl Férey ne cherche d’ailleurs pas à réinventer le genre. Le début est même franchement classique, avec des personnages et des situations qui semblent tout droit sortis d’un film d’aventure des années 1940.

Mais le scénariste sait progressivement injecter une certaine modernité dans cette histoire très codifiée. Ses personnages ont des comportements et des préoccupations contemporains, à commencer par Louise, dont l’énergie empêche le récit de sombrer dans le simple exercice de style rétro. Le mélange est parfois un peu artificiel et quelques longueurs se font sentir, mais l’ensemble reste suffisamment efficace pour se lire d’une traite.

Habitué aux territoires sombres du polar, Caryl Férey explore ici un registre différent. Après Sangoma et Islander, réalisés avec Corentin Rouge, respectivement polar et récit d’anticipation, il signe avec Alex Mach un album plus classique dans sa construction, sans renoncer à ce qui fait la force de son écriture : des personnages déterminés et des destins chahutés.

Extrait de This is London Calling

Extrait de This is London Calling © Glénat, 2026

Aux dessins, Alex Mach fait le boulot — et plutôt bien. Celui qui avait signé l’excellent diptyque Féroce adapte légèrement son trait pour l’occasion. Un peu moins réaliste, celui-ci évoque davantage le cinéma d’aventure des années 1940-1950. Les décors sont riches, les cases fouillées et les avions bénéficient d’un soin particulier. Son trait énergique donne du mouvement aux scènes aériennes et aux séquences d’action.

Son travail sur Louise est également convaincant. Son allure androgyne et son identité clandestine offrent au dessinateur un personnage particulièrement intéressant à mettre en scène. Entre acrobaties, mécanique, combats et missions aériennes, l’héroïne impose rapidement sa présence.

Alors oui, This Is London Calling ne révolutionne pas le récit de guerre et en reprend même beaucoup de codes. Mais Férey et Mach assument le plaisir du grand spectacle : une héroïne qui refuse de rester à sa place, des avions, de l’action, de la romance et une bonne dose de vengeance.

Peut-être pas le récit de guerre le plus original de l’année, mais un solide album d’aventure, généreux et efficace. Et parfois, ça fait simplement du bien.

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