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Le Duel

couverture de l'album Le Duel

Éditeur : Soleil

Dessin : Antonio MarinettiAuteur :

Genres : Historique

Prix : 16.50€

  • ZOO
    note Zoo4.0

    Scénario

    3.5

    Dessin

    4.5
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis du comics Le Duel

Strasbourg, 19ème siècle. Deux lieutenants de l'armée de Napoléon 1er s'opposent dans un duel qui sera le premier d'une longue série. A chaque rencontre, lors de campagnes militaires, les deux hommes s'opposeront sans raison apparente... A Strasbourg, en 1800, alors que Bonaparte est sur le point de s'engager dans la seconde campagne d'Italie, les troupes du général Treillard chassent l'ennui en se battant en duel.
Après une vive altercation entre Armand d'Hubert et Gabriel Féraud, une lutte de dix années va mettre aux prises deux des plus valeureux soldats. Les deux hommes chercheront à venger leur honneur bafoué.


La critique ZOO sur l'album Le Duel

Sur fond de campagnes napoléoniennes, une querelle dérisoire se mue en vendetta interminable entre deux officiers.

Au début du XIXᵉ siècle, sous le règne de Napoléon, le lieutenant Fournier voue une véritable passion au duel. Après avoir tué le fils d’un notable influent au cours d’un affrontement, il s’attire les foudres de son général, qui ordonne immédiatement son arrestation. Il confie cette mission au lieutenant Dupont, chargé de retrouver le bretteur et de le ramener à la caserne.

Dupont commence par se rendre au domicile de Fournier, où il ne trouve qu’une femme. Après quelques hésitations, celle-ci finit par lui révéler que le lieutenant se trouve au salon de la baronne de Lionne. Sans perdre un instant, Dupont s’y rend et réclame à voir Fournier sans même prendre la peine de se présenter. Déjà irrité par les manières abruptes du lieutenant Dupont, Fournier entre dans une colère noire lorsqu’il apprend qu’il est placé aux arrêts. Fidèle à sa réputation, il provoque aussitôt Dupont en duel.

Le Duel

Sur fond de campagnes napoléoniennes, une querelle dérisoire se mue en vendetta interminable entre deux officiers © Soleil, 2026

Au cours de leur affrontement, Dupont parvient à mettre son adversaire hors de combat. Mais la compagne de Fournier intervient pour le défendre et lui lacère le visage de ses ongles. Lorsque les deux officiers se présentent enfin devant leur général, celui-ci les sanctionne tous les deux : Fournier pour avoir tué un civil, Dupont pour s’être présenté dans un état aussi pitoyable. Humilié, Fournier nourrit dès lors une haine tenace envers son rival et n’aura plus qu’une obsession : le retrouver pour reprendre leur duel, tandis que les guerres napoléoniennes embrasent l’Europe.

Jean-Pierre Pécau adapte ici en bande dessinée la célèbre nouvelle de Joseph Conrad, Le Duel, avec une grande fidélité tout en développant suffisamment la matière pour en faire un album dense et captivant. Malgré la brièveté du texte original, le scénariste enrichit les situations et les personnages sans jamais trahir l’esprit de l’œuvre. La reconstitution de l’époque napoléonienne est particulièrement soignée, qu’il s’agisse de la vie de garnison, des campagnes militaires ou des usages de la société. Cette rivalité absurde entre deux officiers, condamnés à se poursuivre toute leur existence pour une querelle dérisoire, confère au récit une dimension profondément romantique et tragique.

Le Duel

Jean-Pierre Pécau adapte ici en bande dessinée la célèbre nouvelle de Joseph Conrad © Soleil, 2026

Le dessin réaliste d’Antonio Marinetti impressionne par sa richesse graphique. Son trait, composé d’une multitude de hachures, donne une véritable consistance aux décors comme aux personnages. Son découpage reste classique, mais ses cadrages, souvent très cinématographiques, apportent une grande force narrative. La mise en couleurs, particulièrement soignée, magnifie encore son travail. La première scène de duel, déployée sur quatre pages muettes baignées par la lumière du petit matin, évoque immédiatement l’atmosphère de Barry Lyndon. Plus loin, une superbe contre-plongée sur une rue de Strasbourg (page 8) témoigne de son remarquable sens de la perspective. Son encrage délicat sublime également les jeux d’ombre et de lumière.

Encore relativement discret dans le paysage de la bande dessinée franco-belge, Antonio Marinetti démontre ici un talent évident et un style puissant qui donnent envie de le retrouver très rapidement sur d’autres projets.


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