Lorsque son village est évacué d'urgence à cause d'un incident nucléaire, une sexagénaire solitaire est contrainte par les autorités de laisser son chien sur place. Une séparation, un abandon, qui la déchire. Mais ce qui semblait être une fin pour tous les deux... devient un nouveau commencement.

Attends-moi

Éditeur : Le Lombard
Dessin : TirsoAuteur : David Munoz
Prix : 24.95€
- ZOO
4.5
Scénario
4.0
Dessin
5.0

- Lecteurs
4.0
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Le synopsis de l'album Attends-moi
Jamais sans mon husky
Le destin en parallèle d'une veuve qui se retrouve sans son chien, laissé dans une zone en quarantaine à la suite d’un accident nucléaire, et de ce même animal qui découvre une vie sans humains. Qui saura le mieux s'adapter ? Un récit intelligemment mené qui fait du bien.
En voilà une histoire touchante ! À la mort de son fils, avec lequel elle avait peu de liens, une veuve sexagénaire hérite de Vaillant, le chien de celui-ci. Un husky. D’entrée, le savoir-faire des auteurs est évident. Après une première séquence muette emplie de mélancolie, à l’occasion de la découverte de l’appartement de son fils décédé, cette femme se retrouve face à une voisine qui avait recueilli le chien du fiston. Le découpage, la mise en page sont très intelligemment conçus et font qu’on est d’emblée pris par la narration.
La femme qui vivait repliée sur elle-même reprend goût à la vie grâce à Vaillant. Mais l'obstacle que met sur sa route le scénariste David Munoz est un accident nucléaire à la centrale voisine. La femme est évacuée sans son chien, ce n'est l'affaire que de quelques jours... En théorie.

aa © Le Lombard, 2025
Les jours se transforment en mois et la zone contaminée est cadenassée. La sexagénaire, intrépide, réussit à y pénétrer malgré tout, dans l'espoir de retrouver Vaillant. Elle fait la connaissance d'un homme âgé venant nourrir clandestinement les chiens. Retrouvera-t-elle Vaillant ? L'amour ? Les deux ?
Une alliance savamment dosée de mots et d'images muettes
Le récit est peu bavard. Ne serait-ce que parce que parallèlement à l'histoire de la dame, on suit la nouvelle vie de Vaillant, sans humains. Car il a survécu et rejoint une meute errante. Et même dans les séquences du côté des humains, le silence est souvent de mise. C'est une utilisation intelligente du médium bande dessinée : l'image peut raconter autant que le texte, avec subtilité et émotion. À condition que l'artiste ait le talent de traduire une palette de sentiments en rendant les mots superflus.
Tirso Cons est de cette trempe. Le tempo de la lecture est ralenti par la beauté de son dessin, particulièrement vivant. Les couleurs sont du même acabit. Les scènes avec Vaillant sont d'une grande expressivité. Même les lecteurs qui n'aiment pas particulièrement les chiens ne peuvent qu'être conquis. Et le dessinateur traduit bien ce que ressent la sexagénaire, la complicité qu'elle noue avec cet homme qui aime aussi les chiens.
La fin n'est pas forcément celle que l'on attendait, et ce n'est pas plus mal. Quelle que soit l'issue, on profite du sentiment de bien-être que dégage le propos. De la bande dessinée feelgood. On adhère.
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