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Un jour, j'écrirai mon nom

couverture de l'album Un jour, j'écrirai mon nom

Éditeur : Dargaud

Dessin : C. fabre Clement

Prix : 20.50€

  • ZOO
    note Zoo4.5

    Scénario

    5.0

    Dessin

    4.0
  • Lecteurs
    note lecteurs
    0 critique

Le synopsis de l'album Un jour, j'écrirai mon nom

Chaque jour qui passe, "il" est quelqu'un d'autre. Chaque jour il se réveille dans un corps différent, à des âges différents, sans comprendre le pourquoi du comment... mais tout en conservant la mémoire de ces vies éphémères ! Alors, il note dans un carnet chaque souvenir, essayant de reconstituer et d'expliquer cette situation incongrue et, surtout, d'écrire enfin son véritable nom ! Cet album se déroule le temps d'une journée, entrecoupée par une série de flash back de ses "vies" d'avant, avec une mise en couleur qui permet de les distinguer de façon claire.
Un livre fascinant et mystérieux qui évoque l'oubli et la quête d'identité.


La critique ZOO sur l'album Un jour, j'écrirai mon nom

Chaque matin, un nouveau visage, une nouvelle vie, une nouvelle identité à endosser. Mais que reste-t-il de soi lorsque le corps que l’on habite n’est jamais le même ?

Le héros de cet album n’a pas de nom, et pour cause : chaque matin, il se réveille dans le corps d’un homme différent. Il conserve le souvenir des jours précédents, mais doit, chaque nouvelle journée, prendre possession d’une nouvelle identité et se mettre au service d’une nouvelle personnalité. Il grandit ainsi, passant d’une famille à l’autre. Certaines rencontres lui importent peu, tandis qu’il s’attache profondément à d’autres et souffre lorsqu’il doit les quitter. Sa vie est rythmée par ces changements incessants. Il tente notamment de poursuivre des études : chaque jour, c’est un nouvel étudiant qui vient s’asseoir sur le même banc de l’université pour assister aux cours.

Un jour, j'écrirai mon nom

Chaque matin, un nouveau visage, une nouvelle vie, une nouvelle identité à endosser. Mais que reste-t-il de soi lorsque le corps que l’on habite n’est jamais le même ? © Dargaud, 2026

Ses réincarnations ont cependant une particularité : elles se déroulent toutes dans la même ville. Pour conserver une trace de son existence et ne rien oublier, le héros loue un casier dans la consigne de la gare centrale, où il dépose un cahier. Chaque jour, il vient le récupérer et y colle une photo prise avec son Polaroid, représentant l’homme dont il occupe le corps. Il note également son nom et la date. Il arrive même qu’il réinvestisse, à plusieurs reprises au cours de sa vie, le corps d’une même personne. Un jour, il se réincarne dans le corps d’un aide-soignant travaillant à l’hôpital. Il y rencontre un malade un peu particulier, dont la présence va l’amener à s’interroger sur cette étrange condition qui régit son existence.

Un jour, j'écrirai mon nom

Le héros de cet album n’a pas de nom, et pour cause : chaque matin, il se réveille dans le corps d’un homme différent © Dargaud, 2026

En adaptant cette nouvelle de Greg Egan, Clément C. Fabre s’attaque à un exercice particulièrement difficile : comment représenter un héros qui change de visage chaque jour tout en permettant au lecteur de suivre clairement ses pérégrinations et son évolution ?

Pour résoudre ce problème, l’auteur fait un choix narratif particulièrement efficace : il se concentre sur une journée précise et conserve au héros le même visage tout au long de l’album, tandis que son passé nous est révélé à travers des flashbacks. Les séquences du présent sont traitées en couleurs, alors que les souvenirs sont représentés en bichromie, dans des nuances de bleu et de noir. Ce procédé permet au lecteur de se repérer facilement malgré la complexité du récit.

Un jour, j'écrirai mon nom

En adaptant cette nouvelle de Greg Egan, Clément C. Fabre s’attaque à un exercice particulièrement difficile : comment représenter un héros qui change de visage chaque jour tout en permettant au lecteur de suivre clairement ses pérégrinations et son évolution ? © Dargaud, 2026

Au-delà de son dispositif narratif, l’album pose des questions profondes sur ce qui constitue notre identité : qu’est-ce qui fait de nous un être humain ? Qu’est-ce qui forme le « moi » ? Le scénario évoque forcément des œuvres comme Replay, de Ken Grimwood, ou le film Un jour sans fin, dans lesquels les personnages se retrouvent enfermés dans une forme de boucle temporelle et contraints de revivre sans cesse une même période de leur existence. Ces anomalies, qui constituent souvent de formidables moteurs narratifs, sont également l’occasion d’interroger notre rapport au temps, à la mémoire et à l’identité.

Un jour, j'écrirai mon nom

Au-delà de son dispositif narratif, l’album pose des questions profondes sur ce qui constitue notre identité : qu’est-ce qui fait de nous un être humain ? Qu’est-ce qui forme le « moi » ? © Dargaud, 2026

Le dessin de Fabre accompagne parfaitement cette histoire. Son trait rond et dynamique, associé à un travail de couleur à l’aquarelle, donne à l’album une grande lisibilité. Il accorde également une attention particulière aux cadrages et à la position des personnages dans l’espace.

Il utilise parfois des planches entières construites en gaufrier, chaque case présentant le héros dans une réincarnation différente tout en le plaçant dans une situation similaire. Ce procédé graphique permet de rendre immédiatement perceptible le passage du temps, la répétition des journées et, surtout, les interrogations croissantes du personnage.

Au final, cet album propose une histoire originale et accessible, qui permet de passer un bon moment tout en laissant derrière elle quelques questions auxquelles on continue de réfléchir une fois la dernière page tournée.


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